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10/02/2011

Carnet de bord : jour 1

 

IMG_0187.JPGPremier jour oblige, les habitudes sont à prendre… Se retrouver tous les six à l’heure à Orly c’était déjà compliqué. Pas de problème, les choses vont se passer ainsi pendant six jours. Les premiers attendent avec une pinte dans un bar, les autres stressent dans les transports. Nous devons nous organiser pour les bagages. Nous avons du matériel vidéo qu’on ne peut pas mettre en soute et Easy jet ne laisse guère de place en cabine. Parmi nous, certains ont pris pas mal de fringues en plus, croyant probablement partir en Erasmus… Bref, le transfert des vêtements effectué, le matériel en sécurité, le tout sans supplément, on peut désormais partir. Embarquement dans l’avion au dernier moment, on se retrouve donc dispatché un peu partout dans l’appareil. Aucune importance, ils ont de la bière à bord et les hôtesses low coast sont somme toute assez mignonnes.

Arrivés à l’aéroport de Berlin, il nous faut récupérer nos bagages et prendre rapidement un métro pour regagner notre appartement dans le centre. Le temps pour nous de voir aussi que la France a battu le Brésil. On attrape finalement le bon métro, enfin apparemment, et on se dirige vers la ville. Pas grand chose à dire sur le décor : vaste, sombre, paisible, froid. Quelques stations défilent, un homme saoul entre et nous interpelle, sans suite. Les stations défilent toujours. Un changement. Puis quelques stations encore. Fin du trajet. Minuit passé.

Nous regagnons notre appartement pour poser nos affaires en vitesse et trouver un bar sympa. La propriétaire de l’appartement est là (elle habite au-dessus et sera probablement souvent là...), plus ou moins vêtue d’une robe de chambre, les pieds habillés de tongs légères. Elle nous fait visiter l’appartement, m’explique pendant quelques minutes comment fonctionne le savon de la salle de bain ; le tout en allemand.

« Ja ja. »

Inutile de préciser que je ne parle pas un mot d’allemand… Bref, elle récupère son argent et nous explique deux trois choses. Heureusement, Capou maîtrise la langue de Goethe. Elle oublie de nous compter les 40 euros supplémentaires dus à notre arrivée tardive. Il reste néanmoins compliqué de lui demander une facture. On tente… mais définitivement c’est compliqué. Elle esquisse un « Je soussigné… » gribouillé sur un cahier d’écolier.

L’appart c’est bon. Le partage des chambres se fait sans encombre. La propriétaire revient finalement chercher les 40 euros…

Il est temps pour nous de sortir dans les rues, d’arpenter les larges artères de Berlin et de s’imprégner de l’atmosphère de cette ville immense. Nous choisissons un quartier, on peut y aller à pied : parfait. Devant un Mc Do nous apercevons trois camarades entrain de savourer un délicieux repas typiquement germanique. Escale. Des centaines de calories ingurgitées en quelques secondes. Nous sommes définitivement prêts à affronter le froid.
Nous passons devant un bar dans une rue déserte. Le cadre est spécial : au premier étage au fond d’une cour, il ressemble à une salle des fêtes d’un village de la Creuse ; ou plutôt au local d’un ancien syndicat communiste. Il y a très peu de monde mais la musique est attirante et le bric à brac environnant est séduisant. Tout le monde fume. Le barman nous sert une tournée et nous annonce malheureusement qu’il va bientôt fermer. Nous nous installons, nous discutons, nous buvons. Que faire après ? Certains veulent sortir, d’autres sont fatigués… Le Trésor ? Le Berghain ? Pourquoi pas mais il est déjà 2h30 … Le barman nous donne finalement un papier avec l’adresse d’une fête « où tous les Berlinois vont le mercredi soir ». Ce n’est pas un club, ce n’est même pas un bar, c’est une sorte de squat.

« C’est loin ?

- Non à deux pas. »

Il prévoit aussi un plan B : le Kaffee Burger. OK, voilà un bon programme a priori. Les garçons se motivent et les filles rentrent…

On attrape donc un taxi et on lui donne l’adresse. Il nous a clairement promené mais qu’importe, c’est agréable de découvrir la ville en taxi et puis c’est le jeu, on reste des touristes. Nous roulons au moins dix minutes, peut-être plus et nous nous retrouvons dans une zone étrange, une sorte de cité ouvrière de Berlin-Est. Les rues sont incroyablement larges, les immeubles immenses, d’une architecture on ne peut plus pauvre : de simples blocs de pierre posés de part et d’autre de l’avenue. La lumière est étrange, il y a une faible brume et les réverbères dégagent des rayons flous. Nous arrivons à l’adresse indiquée : une friche déglinguée, une sorte d’ancienne imprimerie désaffectée, taguée, aux vitres éclatées. Le chauffeur sort une lampe torche et la braque sur le bâtiment, on se serait cru dans un feuilleton policier. Il est surpris par notre destination.

« C’est une fille qui vous a donné cette adresse ? Je pense que c’est une prostituée.

- Non, un barman.

- Alors c’est un proxénète. Cet endroit n’est pas bon pour vous, c’est un repère de prostituées roumaines … »

Je sors prendre la température, vraiment intrigué par les lieux. Il n’y a pas de musique et guère de mouvements à l’intérieur. Les vitres sont teintées mais allumées. Il n’y a visiblement pas de fête ici mais je décide tout de même de cogner à la porte. Nous tenons absolument à voir ce qu’il y a à l’intérieur. C’est probablement de la curiosité malsaine mais qu‘importe cet endroit a quelque chose de spécial. Il est de ces endroits qui inspirent, font travailler l’imagination, les rêves même. C’est une sorte de carte postale de Berlin, d’un certain Berlin en tous cas.

Je rejoins finalement mes camarades dans la voiture, direction le Kaffee Burger donc. Le chauffeur nous balade encore un peu. Nous arrivons à bon port, quartier sympa, davantage fréquenté. Nous payons la course. Le chauffeur a le temps de nous indiquer deux ou trois adresses et un coin où trouver des prostituées « cleans ». Il a définitivement cru que nous étions venu pour ça. C’est plutôt vexant.

Le bar est sympa, gentil dirons nous. La bière n’est pas chère et à 5h du matin les gens sont déjà bien éméchés. Nous tachons de les rattraper. Nous parlons de films, de photographies, de femmes, de photographies de femmes…

A 6h30 nous décidons de rentrer en essayant de trouver de quoi nous sustenter sur le chemin : à cette heure-ci, cela risque d’être compliqué de trouver un club et définitivement nous n’avons pas l’intention d’aller aux putes.

Arrivés dans notre quartier nous tentons d’abord un kebab, l’enseigne et la viande qui pendouille ne nous inspirent guère. Nous nous tournons finalement vers une boulangerie au coin de la rue. A l’intérieur, une chaleur nous enveloppe et une délicieuse odeur ranime nos sens. Toute personne saoule pénétrant à l’aube dans une boulangerie connaît cette sensation. Les deux boulangères ne sont là que pour nous. Il y en a une, jeune, mignonne, et une autre avec une moustache particulièrement fournie. Hold-up sur la vitrine : bagels, croissants au fromage, sandwiches jambon-crudités… Le tout pour une poignée d’euros.

Nous finirons installés dans le canapé du salon à déguster nos mets et consumer des cigarettes dans notre appartement non-fumeur…

Réveil dans une heure pour aller chercher les accréditations…

HV

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