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11/02/2011

TRUE GRIT des frères Coen

true grit.jpgPrésenté Hors Compétition, True Grit faisait cette année l’ouverture de la Berlinale. Très attendu par les critiques, il a tenu toutes ses promesses.

True Grit, c’est l’histoire d’un trio assez improbable. Reuben Cogburn, dit « Rooster », est un ancien soldat-guérillero reconverti en U.S. Marshal alcoolique, dont le cache-œil suggère une certaine aigreur. Sa vie bascule quand la petite Mattie Ross, 14 ans, l’engage pour retrouver Tom Chaney, l’homme qui a tué son père. LaBoeuf, un texan au faux air de dandy, également à la recherche de Chaney pour d’autres raisons, se joint à l’aventure.

Cette histoire de vengeance, inspirée d’un roman de Charles Portis, avait déjà été portée au grand écran par Henry Hathaway en 1969 et avait valu à John Wayne l’Oscar du meilleur acteur pour le rôle de Rooster. Mais les frères Coen parviennent à apporter leur touche personnelle et le film apparait moins comme un remake du film d’Hathaway qu’une seconde adaptation du roman culte.

Les retrouvailles entre Jeff Bridges et les frères Coen douze ans après The Big Lebowski sont à la hauteur des espérances. L’acteur incarne en effet un Rooster moins aimable, mais plus réaliste que le personnage du film de Hathaway. Le rôle de LaBoeuf, confié à Matt Damon, gagne en profondeur et rend le trio plus intense. Le film se construit autour de la petite Mattie, brillamment incarnée par Hailee Steinfeld, pleine de détermination et qui, du haut de ses 14 ans, arrive littéralement à mener à la baguette les deux truands.

C’est dans ce triangle émotionnel que le film prend forme. Rooster voue un amour paternel à Mattie, qui reste méfiante pour ne pas perdre de vue le but de cette aventure, et LaBoeuf joue un rôle de grand frère.

Mais ces relations évoluent et se complexifient, et c’est là que réside le brio des frères Coen. Leur humour tranchant offre encore une fois des dialogues surprenants au service des acteurs, qui alternent réserve et proximité.

S’attaquer à une légende du western s’annonçait être une entreprise difficile, téméraire pour les plus sceptiques, mais c’est avec talent que les frères Coen o nt repris ce classique du cinéma. Les paysages de l’Ouest américain inscrivent le film dans la continuité de No Country For Old Men qui avait déjà marqué les esprits par la beauté remarquable de ses plans. La photo de Roger Deakins crée une ambiance de contraste qui permet de nourrir le décalage et l’évolution des personnages. On pourrait toutefois leur reprocher ce sens de l’esthétique parfois un peu trop développé quand ils enchaînent pendant plusieurs minutes des plans larges, qui ne trouvent pas toujours de justification dans l’intrigue.

Mais en somme, on retient de ce film un aspect harmonieux et surtout agréable, et qui ressort de tous les films de Joel et Ethan Coen : l’impression qu’ils ont pris un plaisir, presque enfantin, à mettre en scène cette histoire.

JL

09:15 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0)

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