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14/02/2011

Michel Ocelot : le triomphe de l'animation française

 

ocelot.jpgDimanche 13 février, 17h, aux abords du « Berlinale Palast ». Notre promenade post-interview est interrompue par l’arrivée subite du réalisateur français Michel Ocelot accompagné par Christophe Rossignon, le producteur de son nouveau film Les Contes de la Nuit, et l’équipe technique. Le temps de filmer quelques instants et de s’apercevoir sur l’écran géant placé à l’entrée du Palais. Un petit jeu s’installe, le caméraman nous filme, nous nous filmons sur l’écran, un instant amusant et quelques images souvenirs. Malgré le froid, l’ambiance est festive aux abords de la salle. Ce soir on s’exprime en 3D : vont s’enchaîner Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot, Pina de Wim Wenders et Cave of Forgotten Dreams de Werner Herzog.

C’est donc Michel Ocelot qui ouvre le bal avec Les Contes de la Nuit, film d’animation diffusé en 3D. Nous n’avons malheureusement pu assister au film du seul réalisateur français en compétition officielle à la Berlinale, interviews obligent. Nous attendrons donc sa sortie en juillet et nous nous consolerons en lisant le synopsis sur la catalogue de la Berlinale : « Toutes les nuits, un garçon, une fille et une vielle technicienne se rencontrent dans un cinéma désaffecté et déjà un peu délabré. La salle recèle en effet un secret. En vérité, le cinéma est un endroit magique que le trio explore en inventant des choses, en se déguisant et en se figurant vivre des histoires qui deviennent vraies pour eux au cours de ces nuits-là. Il y a un magicien et des elfes qui prennent possession des lieux, de braves valets d’écurie qui se consument pour de belles princesses, des loups garous qui hurlent et des dames insensibles qui s’offusquent en faisant froufrouter leurs robes de taffetas. Il y a des villes en or et des forêts si profondes que personne ne trouve plus le chemin pour en sortir. L’univers magique est parcouru d’ondes harmonieuses et des chœurs célestes rivalisent avec les sonorités mates de tambours magiques. Au cours de nuits pareilles, la méchanceté peut déclencher le plus grand des malheurs mais pour finir, c’est toujours le bien qui l’emporte. »

Né en 1943 à Villefranche-sur-mer, il passe son enfance en Guinée puis son adolescence à Angers. Il se tourne assez jeune vers les arts graphiques, étudie aux Beaux-Arts de Rouen, avant de rejoindre les Arts décoratifs de Paris et de compléter sa formation par un passage au California Institute of the Arts. Plongé depuis 35 ans dans l’animation, le succès lui vient assez tardivement (Michel Ocelot, dans un entretien accordé à Ecran Total*, regrette, dans un premier temps, de ne pas avoir eu accès aux outils, et d’avoir, par conséquence, perdu beaucoup de temps) mais la reconnaissance de ses pairs est quasi-immédiate. Ses courts métrages d’animation sont primés en festival. Son court Les Trois Inventeurs obtient un prix aux BAFTA (British Academy of Film and Television Arts) en 1979 à Londres. De même, La Légende du pauvre bossu reçoit en 1983 le César du meilleur court-métrage d’animation. La vie professionnelle de Michel Ocelot change à partir du succès de son premier long-métrage d’animation Kirikou et la sorcière en 1998. Les aventures de Kirikou, petit garçon qui parle déjà dans le ventre de sa mère, se situent dans un petit village de l’ouest africain.

Michel Ocelot a depuis enchaîné quatre longs-métrages d’animation, dont le très remarqué Azur et Asmar retenu en 2006 à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Une reconnaissance internationale de son travail qui lui vaut une invitation à Cannes en 2006 pour présenter son film devant un public de 3000 enfants. Une reconnaissance qui lui vaut surtout d’être sélectionné cette année en compétition à la Berlinale. Michel Ocelot le seul réalisateur français à participer à la compétition officielle de la 61ème édition de la Berlinale ; et est surtout le seul à présenter un film d’animation en sélection.

Il est le symbole d’un cinéma d’animation français de plus en plus reconnu, à l’instar de Sylvain Chomet qui obtint en 2003 l’Oscar du meilleur long-métrage d'animation pour Les Triplettes de Belleville, ou de Marjane Satrapi, dont le Persepolis reçut le prix du Jury au Festival de Cannes en 2007 et fut nommé à l’Oscar 2008 du meilleur film d’animation. Une reconnaissance qui touche l’ensemble de l’animation française, illustrée par le succès des étudiants d’animation français en festival. A noter aussi le récent succès du court-métrage français d’animation Logorama, réalisé par le studio H5 et couronné de l’Oscar en 2010. Ce film a surtout réussi à enchaîner les prix à Cannes, Clermont-Ferrand et aux Oscars, ce qui reste assez exceptionnel pour un court-métrage. On attendra le dimanche 20 février et la remise des prix de la Berlinale pour mesurer un peu plus précisément le poids de l’animation française à l’international. On peut déjà affirmer que le cinéma français d’animation aux paysages divers et aux univers affirmés n’a pas fini de faire parler de lui…

* Ecran Total, n°838, semaine du 9 au 15 février 2011

PHC

 

En bonus, une interview de Michel Ocelot qui parle des techniques d'animation et de ses films. Il y présente Les Contes de la Nuit.

 

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