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20/02/2011

Réactions à chaud....

La team du MBA en production audiovisuelle de L'ESG a interviewé des membres du staff et des participants afin de receuillir leurs impressions à chaud....

Voici la mise en image de nos rencontres !

5...4...3...2...1.... et.... Action !

 

Le Palmarès de la Berlinale 2011 : Asghar Farhadi et Belà Tarr logiquement récompensés

 

r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$fz0manptafjzpce7q366scl24wrd7ot.jpegSamedi 19 février, aux alentours de 20h, le jury de la 61ème Berlinale présidé par Isabella Rossellini a rendu son verdict. Le grand vainqueur de cette édition est le réalisateur iranien Asghar Farhadi, dont le film Nader et Simin, une séparation remporte l’Ours d’Or. A noter, que 5 des acteurs du film repartent avec l’Ours d’Argent de l’interprétation féminine et masculine.

L’Ours d’Argent, autre distinction principale, revient au réalisateur hongrois Béla Tarr pour son film Le Cheval de Turin. Deux films qui, à en croire les critiques, furent largement au-dessus du lot lors de cette édition jugée assez faible, beaucoup de grands noms s’étant réservés pour Cannes. Aussi, la qualité du film d’Asghar Farhadi remet en cause la « thèse » du geste politique, même si cette récompense est, à coup sûr, le meilleur moyen d’adresser un signe au cinéaste iranien Jafar Panahi, dont la chaise est restée vide tout au long du festival.

Asghar Farhadi, né en 1972, a d’abord évolué dans le milieu du théâtre. Adepte des récits structurés et maîtrisant parfaitement l’art du dialogue, il tire ainsi sa force de son talent de scénariste. Sur fond de drame familial, son film montre le poids des déterminismes sociaux et des contradictions (notamment la coexistence entre archaïsme et modernité) propres à la société iranienne. Son film précédent, A propos d’Elly (2009), avait déjà remporté l’Ours d’Argent au Festival de Berlin en 2009 et avait connu un important succès en France. Il raconte le voyage d’un groupe d’Iranien au bord de la Mer Caspienne tournant à la catastrophe, suite à la disparition d’une jeune fille nommée Elly.

De son côté, le réalisateur hongrois Belà Tarr réalisait son neuvième film avec Le Cheval de Turin. Ce film assez lent, tourné en noir et blanc, est, selon ses dires, le dernier qu’il réaliserait du fait du désintérêt croissant du public pour ce genre de film et de la difficulté grandissante à produire des films en Hongrie. Il réalise son premier film en 1977, Nid Familial, largement influencé par l’œuvre de John Cassavetes. Ses premiers films seront ainsi dans la veine du réalisme socialiste. Sa carrière connaît un déclic en 1982, à la suite de son adaptation de Macbeth pour la télévision. Ce film comporte seulement deux plans, un premier de 5 minutes avant générique et un deuxième long de 67 minutes. Son travail de réalisateur glisse progressivement du réalisme socialiste vers un cinéma davantage métaphysique, assez proche de l’univers d’Andrei Tarkovsky. Son avant-dernier film L’Homme de Londres fut retardé par le suicide de son producteur Humbert Balsan. Malgré les contre-temps, cette adaptation d’un roman de Georges Simenon participa à la compétition officielle du Festival de Cannes en 2007.

In Fine, deux prix logiques et un signal de solidarité envers le cinéaste Jafar Panahi. Certains regretteront la non-apparition au palmarès de Coriolanus, film de l’acteur britannique Ralph Fiennes, modernisation d’une tragédie shakespearienne. Avec un premier film d’une telle maîtrise, on peut supposer, que Mister Fiennes a encore «  le temps de voir venir ».

 

Le palmarès complet :

 

Ours d'or du meilleur film

Une séparation, de Asghar Farhadi (Iran)


Ours d'argent - Grand Prix du Jury
Le Cheval de Turin, de Bela Tarr (Hongrie)

Ours d'argent du meilleur réalisateur
La Maladie du sommeil, de Ulrich Köhler (France-Allemagne)

Ours d'argent de la meilleure actrice
L'ensemble des actrices de Une séparation

Ours d'argent du meilleur acteur
L'ensemble des acteurs de Une séparation

Ours d'argent de la meilleure contribution artistique
ex-aeaquo Wojchiech Staron pour l'image et Barbara Enriquez pour les décors de El Premio, de Paula Markovitch (Argentine)

Ours d'argent du meilleur scénario
Joshua Marston et Andamion Murataj, pour The Forgiveness of blood (Etats-Unis)

Prix Alfred Bauer (donné à un film qui "élargit l'horizon de l'art de la mise en scène")
Wer Wenn nicht wir, d'Andres Veiel

Prix du meilleur premier film
(toutes sections confondues)
On the ice, d'Andrew Okpeaha MacLean (Eats-Unis)

PHC


 

19/02/2011

UNIFRANCE à la Berlinale

La team du MBA en production audiovisuelle de L'ESG a rencontré pour vous Anne de La Hamelinaye / UNIFRANCE.

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18/02/2011

Deux représentants Pyramide à la Berlinale

La team du MBA en production audiovisuelle de L'ESG a rencontré pour vous deux représentants de chez Pyramide à la Berlinale : Roxane Arnold / PYRAMIDE DISTRIBUTION et Yoann Ubermulhin / PYRAMIDE INTERNATIONAL.

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"Nouvelle Vague allemande" et "Ecole de Berlin" : coup politique ou véritable mouvement artistique ?

 

image4_1189183725.jpgMercredi 16 février, dans le cadre de la section Panorama, avait lieu au « Delphi Filmpalast » la première mondiale de Dreileben. Comme nous l’évoquions dans un précédent article, il s’agit d’une série télévisée allemande composée de trois films de 90 minutes. Chaque épisode traite du même évènement mais sous un angle et une approche formelle différents. Les auteurs de ces trois œuvres ne sont autres que Christian Petzold, Dominik Graf et Christian Hochhäusler, trois réalisateurs associés à la « nouvelle vague allemande », plus précisément à « l’Ecole de Berlin ». Ce terme recouvre-t-il une réalité concrète, celle d’un mouvement artistique ou s’agit-il d’une simple étiquette utile dans les festivals internationaux ?

La Berliner Schule (terme allemand) est le nom donné à cette « nouvelle vague allemande », symbole d’un renouveau du cinéma d’auteur en Allemagne. Ce terme prend racine au début des années 2000, date de la "renaissance" du cinéma allemand. Explosion quantitative et qualitative, les films allemands sont plus nombreux sur les écrans et sont de meilleures qualités. De jeunes cinéastes apparaissent et donnent une certaine vitalité à ce cinéma, même si le succès public et commercial reste assez marginal. Ces films lorgnent davantage du côté des festivals, néanmoins le film Nirgendwo in Afrika de Caroline Link remporte, en 2003, l’Oscar du meilleur film étranger. Le Tambour de Volker Schlöndorff était le dernier film allemand à avoir remporté ce prix en 1980. D’autre part, la nomination en 2001 de Dieter Kosslick à la tête de la Berlinale a accélèré la visibilité des films de cette nouvelle génération.

On peut aussi rappeler que, le renouveau du cinéma allemand se conjugue dans certains cas avec succès commercial, Good Bye Lenin (2003) de Wolfgang Becker, La Vie des Autres (2004) de Florian Henckel von Donnersmarck et les succès des films de Fatih Akin en sont les exemples les plus révélateurs. On peut donc opérer une distinction au sein de ce renouveau du cinéma allemand. L’ « école de Berlin » serait le versant cinéma d’auteur de cette nouvelle vague, étiquette pratique pour des films dont le succès commercial est mince. Les principaux cinéastes de ce « courant » se nomment Christian Petzlold, Christoph Hochhäusler, Benjamin Heisenberg, Angela Schanelec, Ulrich Köhler ou encore Thomas Arslan.

Ce terme d’ « école de Berlin » semble assez imprécis dans la mesure où il ne représente pas un groupe ou un mouvement revendiqué mais davantage un réseau d’amis établis à Berlin et collaborant de temps en temps ; un ensemble d’artistes formés dans les plus grandes écoles allemandes de cinéma. Certains réalisateurs allemands, éloignés de cette école, y voient davantage un « coup politique », une étiquette bien utile, grâce à laquelle la qualité intrinsèque du réalisateur se substituerait à la force du groupe. Le réalisateur de La Vie des Autres, Florian Henckel Von Donnersmarck a un avis tranché sur la question et affirme qu’il « (…) n’y a pas de Nouvelle Vague ! », ce dernier continue en déclarant : « Je crois que leur travail est bien plus reconnu en France qu’en Allemagne où cette nouvelle vague n’est pas si remarquée que ça…Mais je crois que le fait que certains acceptent le label « Nouvelle Vague » ou « école berlinoise » s’explique davantage par des questions politiques. Chaque fois que l’on parle d’Ulrich Köhler, on parle de Christoph Hochhäusler ou de Benjamin Heisenberg et voilà ça multiplie la présence ! Je ne me sens pas faire partie de cette Nouvelle-Vague ». Aussi, cette étiquette donnerait une visibilité disproportionnée à certains réalisateurs associés au groupe (tout le monde sait bien qu’on ne peut parler de Truffaut sans parler de Godard bien que leur style et leurs propos diffèrent).

De plus, cette étiquette est remise en cause par des réalisateurs appartenant à ce groupe, venant ainsi infirmer la thèse défendue par Donnersmarck. Dans un entretien donné au journal Le Monde le 11 avril 2009, Christian Petzold considère que « comme [pour] beaucoup d’écoles, c’est une invention journalistique », et rajoute même que « contrairement à la Nouvelle Vague en France, qui disposait de soutiens dans certaines institutions et qui émergeait à une époque de profonde mutation sociale, les jeunes réalisateurs allemands restent terriblement isolés dans l’industrie du cinéma ».

Ces derniers se rejoignent néanmoins par leur goûts et influences en matière de cinéma : Robert Bresson, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Claude Chabrol, et des contemporains comme Hou Hsiao-hsien, Abbas Kiarostami, Hong Sang-soo, Apichatpong Weerasethakul, les Frères Dardenne, Bruno Dumont, sans oublier le cinéma hollywoodien. Au-delà d’une qualité artistique indéniable, d’une beauté plastique (Cf Le Braqueur de Benjamin Heisenberg en compétition à la Berlinale en 2010 et sorti en France fin 2010), les films de cette nouvelle génération se rejoignent sur certains aspects. Leur goût pour les histoires et paysages germaniques les relient aux films des anciennes générations. Les personnages mis en scène ont souvent des caractéristiques communes et sont pour la plupart dans une « quête désespérée de bonheur ». Les thèmes, à l’instar de ceux développés par les Frères Dardenne, sont proches du réel et du quotidien, Christoph Hochhaüsler va même jusqu’à définir la Nouvelle Vague allemande comme « l’irruption de la réalité dans le film allemand ».

« Ecole de Berlin » ou pas, le plus important n’est pas là : Christian Petzold nous aura permis de rencontrer « la belle » Nina Hoss (premier rôle des films Yella (2007) et Jerichow (2008) et membre du jury de la Berlinale 2011), il mérite qu’on le laisse un peu tranquille…

PHC

Note : la Photo en haut de l'article représente l'actrice Nina Hoss et le réalisateur Christian Petzold

 

La bande-annonce du film Le Braqueur (2010) de Benjamin Heisenberg

 

 

 

 
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