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11/02/2011

Carnet de bord : jour 2

 

IMG_0244.JPGComme convenu le réveil sonne à 8H30, comme prévu il nous est impossible de nous réveiller. Les filles nous tirent du lit, plus ou moins gentiment. Elles partent avant nous, largement avant nous même. 10H, nous finissons par nous remuer : il faut retirer nos accréditations et prendre des places pour True Grit des frères Coen, film d’ouverture du festival. C’est le premier jour et nous ne sommes pas particulièrement frais mais nous entrons néanmoins dans le vif du sujet.

La plupart des lieux dédiés à la Berlinale sont autour de la Potsdamer Platz. Le comptoir pour retirer les accréditations est dans le Daimler Building. Nous récupérons donc nos sacoches avec guides et divers flyers. Nous distribuons aussi quelques plaquettes de l’école. Nous décidons enfin d’aller faire quelques courses pour la semaine avant de repasser à l’appartement pour déjeuner et écrire deux ou trois articles pour le blog. Nous avons rendez-vous en milieu d’après-midi avec quelques personnes du staff de la Berlinale pour réaliser des interviews. Nous devons par ailleurs récupérer une autorisation auprès du service presse pour tourner dans le marché du film.

16h. Nous voici donc de retour au Daimler Building. Nous faisons un détour par l’hôtel Hyatt, au service presse où l’on nous balade de bureau en bureau. Nous tombons finalement sur le bon interlocuteur et nous finissons par obtenir notre autorisation. Tout le service est entrain de boire du Champagne mais on trouve quand même le temps de nous donner notre sésame. Je prendrais bien une coupe avec eux mais on ne va pas abuser et nous avons des choses à faire.

Direction maintenant la projection de True Grit au Friedrichstadt Palast : immense salle art déco, une sorte de cabaret. La séance est complète et débute par la rediffusion de la cérémonie d’ouverture : nous n’avions malheureusement pas accès à la projection officielle en compagnie des frères Coen et de l’équipe artistique au Berlinale Palast. Une attente assez longue avant le film, même si la cérémonie d’ouverture était assez drôle et vivante. La surprise est venue de l’apparition du président de la Berlinale dans notre salle. Son discours (en allemand) était visiblement très amusant mais je suis dans l’incapacité d’en retranscrire le moindre mot. Passons au film maintenant, un western élégant, original, très bien interprété par Jeff Bridges et la jeune Hailee Steinfeld.

Après la projection, direction le Zapata, bar insalubre à l’ambiance pseudo branchouille. Je suis un peu dur je le concède : le cadre est plutôt sympathique et l’atmosphère festive. Un groupe de « rock » est là pour divertir la foule. Un groupe comme on en voit maintenant dans tous les bars de toutes les villes du monde, un groupe de baby rockers un peu fake. Les filles apprécient, tant mieux pour elles. Tournée de bières, de rhums-coca, de téquilas-sel-citron. Le son devient plus animé, peu original certes, mais dansant. Nous montons en puissance. On passe de Blur à Nirvana, de Fat Boy Slim à Prince, que des classiques quoi. Les heures passent, certains vont ailleurs, les autres restent. Nous nous retrouverons tous à l’appartement pour une courte nuit avant notre deuxième jour à Berlin…

HV

TRUE GRIT des frères Coen

true grit.jpgPrésenté Hors Compétition, True Grit faisait cette année l’ouverture de la Berlinale. Très attendu par les critiques, il a tenu toutes ses promesses.

True Grit, c’est l’histoire d’un trio assez improbable. Reuben Cogburn, dit « Rooster », est un ancien soldat-guérillero reconverti en U.S. Marshal alcoolique, dont le cache-œil suggère une certaine aigreur. Sa vie bascule quand la petite Mattie Ross, 14 ans, l’engage pour retrouver Tom Chaney, l’homme qui a tué son père. LaBoeuf, un texan au faux air de dandy, également à la recherche de Chaney pour d’autres raisons, se joint à l’aventure.

Cette histoire de vengeance, inspirée d’un roman de Charles Portis, avait déjà été portée au grand écran par Henry Hathaway en 1969 et avait valu à John Wayne l’Oscar du meilleur acteur pour le rôle de Rooster. Mais les frères Coen parviennent à apporter leur touche personnelle et le film apparait moins comme un remake du film d’Hathaway qu’une seconde adaptation du roman culte.

Les retrouvailles entre Jeff Bridges et les frères Coen douze ans après The Big Lebowski sont à la hauteur des espérances. L’acteur incarne en effet un Rooster moins aimable, mais plus réaliste que le personnage du film de Hathaway. Le rôle de LaBoeuf, confié à Matt Damon, gagne en profondeur et rend le trio plus intense. Le film se construit autour de la petite Mattie, brillamment incarnée par Hailee Steinfeld, pleine de détermination et qui, du haut de ses 14 ans, arrive littéralement à mener à la baguette les deux truands.

C’est dans ce triangle émotionnel que le film prend forme. Rooster voue un amour paternel à Mattie, qui reste méfiante pour ne pas perdre de vue le but de cette aventure, et LaBoeuf joue un rôle de grand frère.

Mais ces relations évoluent et se complexifient, et c’est là que réside le brio des frères Coen. Leur humour tranchant offre encore une fois des dialogues surprenants au service des acteurs, qui alternent réserve et proximité.

S’attaquer à une légende du western s’annonçait être une entreprise difficile, téméraire pour les plus sceptiques, mais c’est avec talent que les frères Coen o nt repris ce classique du cinéma. Les paysages de l’Ouest américain inscrivent le film dans la continuité de No Country For Old Men qui avait déjà marqué les esprits par la beauté remarquable de ses plans. La photo de Roger Deakins crée une ambiance de contraste qui permet de nourrir le décalage et l’évolution des personnages. On pourrait toutefois leur reprocher ce sens de l’esthétique parfois un peu trop développé quand ils enchaînent pendant plusieurs minutes des plans larges, qui ne trouvent pas toujours de justification dans l’intrigue.

Mais en somme, on retient de ce film un aspect harmonieux et surtout agréable, et qui ressort de tous les films de Joel et Ethan Coen : l’impression qu’ils ont pris un plaisir, presque enfantin, à mettre en scène cette histoire.

JL

09:15 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0)

10/02/2011

Carnet de bord : jour 1

 

IMG_0187.JPGPremier jour oblige, les habitudes sont à prendre… Se retrouver tous les six à l’heure à Orly c’était déjà compliqué. Pas de problème, les choses vont se passer ainsi pendant six jours. Les premiers attendent avec une pinte dans un bar, les autres stressent dans les transports. Nous devons nous organiser pour les bagages. Nous avons du matériel vidéo qu’on ne peut pas mettre en soute et Easy jet ne laisse guère de place en cabine. Parmi nous, certains ont pris pas mal de fringues en plus, croyant probablement partir en Erasmus… Bref, le transfert des vêtements effectué, le matériel en sécurité, le tout sans supplément, on peut désormais partir. Embarquement dans l’avion au dernier moment, on se retrouve donc dispatché un peu partout dans l’appareil. Aucune importance, ils ont de la bière à bord et les hôtesses low coast sont somme toute assez mignonnes.

Arrivés à l’aéroport de Berlin, il nous faut récupérer nos bagages et prendre rapidement un métro pour regagner notre appartement dans le centre. Le temps pour nous de voir aussi que la France a battu le Brésil. On attrape finalement le bon métro, enfin apparemment, et on se dirige vers la ville. Pas grand chose à dire sur le décor : vaste, sombre, paisible, froid. Quelques stations défilent, un homme saoul entre et nous interpelle, sans suite. Les stations défilent toujours. Un changement. Puis quelques stations encore. Fin du trajet. Minuit passé.

Nous regagnons notre appartement pour poser nos affaires en vitesse et trouver un bar sympa. La propriétaire de l’appartement est là (elle habite au-dessus et sera probablement souvent là...), plus ou moins vêtue d’une robe de chambre, les pieds habillés de tongs légères. Elle nous fait visiter l’appartement, m’explique pendant quelques minutes comment fonctionne le savon de la salle de bain ; le tout en allemand.

« Ja ja. »

Inutile de préciser que je ne parle pas un mot d’allemand… Bref, elle récupère son argent et nous explique deux trois choses. Heureusement, Capou maîtrise la langue de Goethe. Elle oublie de nous compter les 40 euros supplémentaires dus à notre arrivée tardive. Il reste néanmoins compliqué de lui demander une facture. On tente… mais définitivement c’est compliqué. Elle esquisse un « Je soussigné… » gribouillé sur un cahier d’écolier.

L’appart c’est bon. Le partage des chambres se fait sans encombre. La propriétaire revient finalement chercher les 40 euros…

Il est temps pour nous de sortir dans les rues, d’arpenter les larges artères de Berlin et de s’imprégner de l’atmosphère de cette ville immense. Nous choisissons un quartier, on peut y aller à pied : parfait. Devant un Mc Do nous apercevons trois camarades entrain de savourer un délicieux repas typiquement germanique. Escale. Des centaines de calories ingurgitées en quelques secondes. Nous sommes définitivement prêts à affronter le froid.
Nous passons devant un bar dans une rue déserte. Le cadre est spécial : au premier étage au fond d’une cour, il ressemble à une salle des fêtes d’un village de la Creuse ; ou plutôt au local d’un ancien syndicat communiste. Il y a très peu de monde mais la musique est attirante et le bric à brac environnant est séduisant. Tout le monde fume. Le barman nous sert une tournée et nous annonce malheureusement qu’il va bientôt fermer. Nous nous installons, nous discutons, nous buvons. Que faire après ? Certains veulent sortir, d’autres sont fatigués… Le Trésor ? Le Berghain ? Pourquoi pas mais il est déjà 2h30 … Le barman nous donne finalement un papier avec l’adresse d’une fête « où tous les Berlinois vont le mercredi soir ». Ce n’est pas un club, ce n’est même pas un bar, c’est une sorte de squat.

« C’est loin ?

- Non à deux pas. »

Il prévoit aussi un plan B : le Kaffee Burger. OK, voilà un bon programme a priori. Les garçons se motivent et les filles rentrent…

On attrape donc un taxi et on lui donne l’adresse. Il nous a clairement promené mais qu’importe, c’est agréable de découvrir la ville en taxi et puis c’est le jeu, on reste des touristes. Nous roulons au moins dix minutes, peut-être plus et nous nous retrouvons dans une zone étrange, une sorte de cité ouvrière de Berlin-Est. Les rues sont incroyablement larges, les immeubles immenses, d’une architecture on ne peut plus pauvre : de simples blocs de pierre posés de part et d’autre de l’avenue. La lumière est étrange, il y a une faible brume et les réverbères dégagent des rayons flous. Nous arrivons à l’adresse indiquée : une friche déglinguée, une sorte d’ancienne imprimerie désaffectée, taguée, aux vitres éclatées. Le chauffeur sort une lampe torche et la braque sur le bâtiment, on se serait cru dans un feuilleton policier. Il est surpris par notre destination.

« C’est une fille qui vous a donné cette adresse ? Je pense que c’est une prostituée.

- Non, un barman.

- Alors c’est un proxénète. Cet endroit n’est pas bon pour vous, c’est un repère de prostituées roumaines … »

Je sors prendre la température, vraiment intrigué par les lieux. Il n’y a pas de musique et guère de mouvements à l’intérieur. Les vitres sont teintées mais allumées. Il n’y a visiblement pas de fête ici mais je décide tout de même de cogner à la porte. Nous tenons absolument à voir ce qu’il y a à l’intérieur. C’est probablement de la curiosité malsaine mais qu‘importe cet endroit a quelque chose de spécial. Il est de ces endroits qui inspirent, font travailler l’imagination, les rêves même. C’est une sorte de carte postale de Berlin, d’un certain Berlin en tous cas.

Je rejoins finalement mes camarades dans la voiture, direction le Kaffee Burger donc. Le chauffeur nous balade encore un peu. Nous arrivons à bon port, quartier sympa, davantage fréquenté. Nous payons la course. Le chauffeur a le temps de nous indiquer deux ou trois adresses et un coin où trouver des prostituées « cleans ». Il a définitivement cru que nous étions venu pour ça. C’est plutôt vexant.

Le bar est sympa, gentil dirons nous. La bière n’est pas chère et à 5h du matin les gens sont déjà bien éméchés. Nous tachons de les rattraper. Nous parlons de films, de photographies, de femmes, de photographies de femmes…

A 6h30 nous décidons de rentrer en essayant de trouver de quoi nous sustenter sur le chemin : à cette heure-ci, cela risque d’être compliqué de trouver un club et définitivement nous n’avons pas l’intention d’aller aux putes.

Arrivés dans notre quartier nous tentons d’abord un kebab, l’enseigne et la viande qui pendouille ne nous inspirent guère. Nous nous tournons finalement vers une boulangerie au coin de la rue. A l’intérieur, une chaleur nous enveloppe et une délicieuse odeur ranime nos sens. Toute personne saoule pénétrant à l’aube dans une boulangerie connaît cette sensation. Les deux boulangères ne sont là que pour nous. Il y en a une, jeune, mignonne, et une autre avec une moustache particulièrement fournie. Hold-up sur la vitrine : bagels, croissants au fromage, sandwiches jambon-crudités… Le tout pour une poignée d’euros.

Nous finirons installés dans le canapé du salon à déguster nos mets et consumer des cigarettes dans notre appartement non-fumeur…

Réveil dans une heure pour aller chercher les accréditations…

HV

07/02/2011

You Talkin' To Me ?

taxi_driver.01.jpg

En 1976, sortait Taxi Driver, de Martin Scorsese, film devenu culte depuis sa sortie en salles. La Berlinale propose cette année une version restaurée numérique en qualité 4K. Le scénariste Paul Schrader viendra présenter lui-même cette nouvelle version. Ce sera l’occasion pour nous de revoir ce magnifique long-métrage, aussi beau que dérangeant…

De retour du Vietnam, Travis Bickle, est profondément marqué par les atrocités de cette guerre. Il se fait engager dans une compagnie de taxis new-yorkaise. En parcourant la ville de long en large toutes les nuits, il est le témoin d’un spectacle violent et décadent. Ce paysage dépravé ainsi que ses rencontres nocturnes font ressortir en lui haine et traumatisme le poussant chaque jour un peu plus vers la folie. Il rencontrera une jeune prostituée de 14 ans et décidera de la délivrer de ses souteneurs. Par cette action, on comprend qu’il est en quête de rédemption.

Grâce à un scenario original de Paul Schrader, scénariste de renom (Yakuza de Sydney Pollack, Obsession de Brian de Palma, American Gigolo réalisé par lui-même ou encore Raging Bull de Martin Scorsese) à la réalisation parfaite du talentueux Martin Scorsese ainsi qu’à un jeu d’acteur incroyable (Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel…), Taxi Driver est considéré comme un chef d’œuvre du 20ème siècle. Le film fut nommé quatre fois aux Oscars notamment dans la catégorie « meilleur film ». Il remporta la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1976.

 

Au départ, le projet était conçu pour le réalisateur Mulligan, et le rôle-titre écrit pour Jeff Bridges. Le script a été racheté par les producteurs Michaël et Julia Philips qui réunirent la somme de 1,3 millions de dollars. Malgré un financement difficile, le film a pu voir le jour.

Taxi Driver traite de plusieurs sujets audacieux pour l’époque et notamment de la Guerre du Vietnam (1959-1975), événement majeur dans l’histoire des Etats-Unis. En effet, l’intervention des Etats-Unis dans cette guerre a été vivement critiquée et a été l’enjeu des campagnes politiques américaines (primaires et présidence des USA). Aussi, Jonhson, McCarthy, Humphrey, Kennedy, ou encore Nixon ont tous fondé leur élection sur leur positionnement pro ou anti-guerre. Les atrocités et exactions commises par l’armée américaine (massacre de civils notamment) sont condamnées par l’opinion publique et de nombreux artistes ou hommes d’influence prennent position contre l’enlisement des Etats-Unis. Les soldats américains firent aussi l’objet de nombreuses tortures lors de leur captivité par les armées ennemies.

À leur retour, les soldats américains s’avèrent être profondément marqués psychologiquement par toutes les atrocités de la guerre. Nombreux sont rentrés traumatisés, dépressifs, ou presque fous tant les conditions de vie là-bas furent abominables. De plus, fortement encouragés au départ, ils se retrouvent dénigrés par l’opinion publique à leur retour, principalement en raison de la couverture médiatique désastreuse de cet interminable conflit.

Le cinéma s’est emparé de la Guerre du Vietnam et de nombreux films engagés ont vu le jour dès le début des années soixante-dix :

- Le Merdier de Ted Post (1978)

- Voyage au bout de l’Enfer de Michaël Cimino (1978)

- The Wa rat Home de Glenn Silber (1979)

- Apocalypse Now de Francis Ford Coppola  (1979)

- Full metal Jacket de Stanley Kubrick (1987)

- Good Morning Vietnam de Barry Levinson (1987)

- Platoon d’Oliver Stone (1986)

- Rambo de Ted Kotcheff (1982)

- Le Retour de Hal Ashby (1978)…

 

Martin Scorsese explique dans le livre « Scorsese par Scorsese » de David Thompson et Ian Christie sa vision du film et donne des clés au spectateur :

 

« Presque tout dans Taxi Driver vient de ce que je pense que les films sont une sorte d’état onirique, comme quand on prend de la drogue. Le choc qu’on ressent en sortant de la salle dans la pleine lumière du jour peut devenir terrifiant (…). Le film dans son ensemble découle un peu des impressions qu’a ressenties un homme né à New York et qui y vit. Il y a un plan où la caméra a été montée sur le capot du taxi qui passe devant un enseigne où il y a écrit « fascination ». C’est tout le sens du film : être fasciné, cet ange exterminateur qui flotte à travers les rues d’une métropole qui représente à mes yeux toutes les grandes villes (…) Il faut bien comprendre que Travis a les meilleures intentions du monde ; il croit bien faire, comme Saint-Paul. Il veut donner un grand coup de balai dans l’existence, laver son esprit, purifier son âme. C’est un mystique mais au sens où Charles Bronson l’était, ce qui ne veut pas dire que c’est une vertu. La clé du film, c’est l’idée qu’il faut être assez courageux pour accepter ses propres sentiments et les transformer en actes. Instinctivement, j’ai montré que l’action n’était pas une fin en soi, et ça a créé un regard encore plus distancié sur ce qui se passe…».

 

Enfin, comment terminer cet article sans évoquer une des répliques les plus cultes du cinéma américain qui est souvent reprise, citée, ou parodiée :

« You talkin' to me ? You talkin' to me ? You talkin' to me ? Then who the hell else are you talkin' to ? You talkin' to me? Well I'm the only one here. Who the fuck do you think you're talking to ? »

Robert De Niro a, dit-on, improvisé cette réplique sur le moment alors qu’elle ne figurait pas dans le scenario de départ. La légende raconte que l’acteur se serait inspiré d’un concert de Bruce Springsteen au Roxy à Los Angeles où le chanteur, de dos, aurait demandé à un public en liesse : « You talkin’ to me ? »…

EG

Les Sections parallèles

 

tropa-de-elite-2.jpgPanorama

Deuxième grand chapitre du Festival de Berlin, il s’agit de la section Panaroma. Cette section rend hommage aux films qui témoignent d’une véritable inspiration créatrice. Le cru 2011 s’annonce foisonnant : 16 longs métrages seront présentés dans le programme principal, 14 dans la section Panorama Special et 20 dans la section Panorama Dokumente. Les films présentées lors de ces séances dressent un large portrait de l’état de la production cinématographique dans le monde entier : ils proviennent de 29 pays différents. Ils sont aussi un indicateur du dynamisme de la production cinématographique mondiale : on compte 12 premiers films dans cette sélection.

La France est à l’honneur dans cette compétition puisque le second film Tomboy de la réalisatrice Céline Sciamma fera l’ouverture du programme principal le 10 février.

La section Panorama Special ouvre le 11 février, avec deux films à fort contenu politique :

- Troupe d’élite 2 (suite de son film qui avait remporté l’Ours d’Or du meilleur film à la Berlinale 2008) du réalisateur brésilien José Padilha

- une production belge du réalisateur Lee Tamahori, The Devil’s double. Le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori est notamment connu pour avoir réalisé Meurs un autre jour film de la série des James Bond.

Enfin la section Panorama Dokumente débute le 11 février avec le film Barzakh du réalisateur lituanien Mantas Kvedaravicius, une coproduction finno-lituanienne signée Aki Kaurismäki (auréolé du Grand Prix à Cannes en 2002 pour son film L’Homme Sans Passé).

 

Forum

Section importante du Festival de Berlin, la 41ème édition du Forum de la Berlinale présentera 39 films dans son programme principal auxquels s’ajoutent six films en projection spéciale. Parmi ces œuvres, 24 sont des premières mondiales. D’autre part, dans le cadre du Forum, huit films du cinéaste japonais Shibuya Minoru (1907-1980) seront projetés à l’écran. Réalisateur majeur au Japon, certains de ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes comme Gendai-jin en 1953 ou Christ in Bronze en 1956.

Un large nombre de films du Forum de la Berlinale traitent des relations familiales et explorent la psychologie des individus, des thèmes chers aux cinéastes indépendants. Beaucoup d’entre eux autorisent une lecture politique en relation avec le changement de contexte social, c’est notamment le cas du film hollandais An Angel in Doel qui traite de la destruction d’un village entier pour faire place à l’expansion du port de la ville belge d’Anvers et qui s’interroge sur les conséquences dévastatrices pour une partie de cette population, notamment les personnes âgées.

Evènement incontournable du Forum : la projection de Dreileben dans le cadre d’un débat sur l’esthétique cinématographique organisé par le magazine de cinéma allemand Revolver. Dreileben est une série télévisée allemande de 3 films de 90 minutes, chaque épisode ayant été réalisé par des cinéastes différents : Christian Petzold, Dominik Graf et Christian Hochhäusler. Ces trois chefs de file de la « nouvelle vague allemande » traitent dans leur film du même évènement : l’évasion d’un prétendu criminel lors d’une détention policière. Chaque film raconte cette histoire dans un style propre et selon un point de vue différent : selon le point de vue d’un jeune homme qui commence son service dans la police (Etwas Besseres als den Tod de Christian Petzold) ; selon le point de vue d’un psychologue de la police qui arrive sur les lieux au moment de l’évasion (Komm mir nicht nach de Dominik Graf) et selon le point de vue du criminel et d’un officier de police (Eine Minute Dunkel de Christian Hochhäusler). Une première mondiale le 16 février qui risque de faire parler d’elle…

 

Generation

La Compétition Génération se divise en deux categories : Generation Kplus et Generation 14plus. Dans le cadre de ces deux sections, 59 films de 30 pays différents seront diffusés. On retrouve encore de nombreux premiers films. Cette compétition est surtout centrée sur la jeunesse. En plus d’un jury habituel, 11 enfants de Berlin de 11 à 14 ans et sept adolescents ont été invités à faire partie du « jury des enfants et de la jeunesse ». Ils seront chargés de remettre le prix de l’Ours de Crystal du meilleur court-métrage et du meilleur long-métrage dans les compétitions Generation Kplus et 14plus.

La plupart des films engagés traitent de l’enfance, de l’adolescence et du passage à l’âge adulte : thématique récurrente du cinéma indie américain, que l’on retrouve sous différentes formes dans d’autres pays. On attend avec impatience le documentaire du réalisateur anglais Tim Pritchard Streets Kids United, consacré à une équipe de jeunes footballeurs sud-africains qui s’entrainent pour participer à la Coupe du Monde des quartiers.

On retrouve aussi dans cette sélection de nombreux films destinés à un jeune public.

 

s_08b_spike_jonze.jpgBerlinale Shorts

Dernière section de la Berlinale, la traditionnelle compétition de court-métrage. Compétition assez récente pour ce festival puisqu’elle fête ses cinq ans. Elle regroupe un ensemble assez large de films, aux formes variées et explorant des univers différents. Au total ,25 court-métrages de 21 pays seront présentés et seront en compétition pour obtenir l’Ours d’Or du meilleur court-métrage.

On note la présence de Spike Jonze, clippeur et réalisateur de Max et les Maximonstres, avec son court-métrage de 28 minutes, le très attendu Scenes From The Suburbs, prolongement de son clip réalisé pour le groupe de rock canadien Arcade Fire.

Autre court métrage attendu, PARANMANJANG (Night Fishing) du réalisateur coréen Park Chan-wook (auteur du fameux Old Boy, Grand Prix à Cannes en 2004) et de son frère Park Chan-kyong. Un film mêlant horreur et fantastique tourné entièrement à l’iPhone 4. Il raconte l’histoire d’un homme persuadé d’avoir tué une femme lors d’une partie de pêche.

 

PHC

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