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10/02/2011

Carnet de bord : jour 1

 

IMG_0187.JPGPremier jour oblige, les habitudes sont à prendre… Se retrouver tous les six à l’heure à Orly c’était déjà compliqué. Pas de problème, les choses vont se passer ainsi pendant six jours. Les premiers attendent avec une pinte dans un bar, les autres stressent dans les transports. Nous devons nous organiser pour les bagages. Nous avons du matériel vidéo qu’on ne peut pas mettre en soute et Easy jet ne laisse guère de place en cabine. Parmi nous, certains ont pris pas mal de fringues en plus, croyant probablement partir en Erasmus… Bref, le transfert des vêtements effectué, le matériel en sécurité, le tout sans supplément, on peut désormais partir. Embarquement dans l’avion au dernier moment, on se retrouve donc dispatché un peu partout dans l’appareil. Aucune importance, ils ont de la bière à bord et les hôtesses low coast sont somme toute assez mignonnes.

Arrivés à l’aéroport de Berlin, il nous faut récupérer nos bagages et prendre rapidement un métro pour regagner notre appartement dans le centre. Le temps pour nous de voir aussi que la France a battu le Brésil. On attrape finalement le bon métro, enfin apparemment, et on se dirige vers la ville. Pas grand chose à dire sur le décor : vaste, sombre, paisible, froid. Quelques stations défilent, un homme saoul entre et nous interpelle, sans suite. Les stations défilent toujours. Un changement. Puis quelques stations encore. Fin du trajet. Minuit passé.

Nous regagnons notre appartement pour poser nos affaires en vitesse et trouver un bar sympa. La propriétaire de l’appartement est là (elle habite au-dessus et sera probablement souvent là...), plus ou moins vêtue d’une robe de chambre, les pieds habillés de tongs légères. Elle nous fait visiter l’appartement, m’explique pendant quelques minutes comment fonctionne le savon de la salle de bain ; le tout en allemand.

« Ja ja. »

Inutile de préciser que je ne parle pas un mot d’allemand… Bref, elle récupère son argent et nous explique deux trois choses. Heureusement, Capou maîtrise la langue de Goethe. Elle oublie de nous compter les 40 euros supplémentaires dus à notre arrivée tardive. Il reste néanmoins compliqué de lui demander une facture. On tente… mais définitivement c’est compliqué. Elle esquisse un « Je soussigné… » gribouillé sur un cahier d’écolier.

L’appart c’est bon. Le partage des chambres se fait sans encombre. La propriétaire revient finalement chercher les 40 euros…

Il est temps pour nous de sortir dans les rues, d’arpenter les larges artères de Berlin et de s’imprégner de l’atmosphère de cette ville immense. Nous choisissons un quartier, on peut y aller à pied : parfait. Devant un Mc Do nous apercevons trois camarades entrain de savourer un délicieux repas typiquement germanique. Escale. Des centaines de calories ingurgitées en quelques secondes. Nous sommes définitivement prêts à affronter le froid.
Nous passons devant un bar dans une rue déserte. Le cadre est spécial : au premier étage au fond d’une cour, il ressemble à une salle des fêtes d’un village de la Creuse ; ou plutôt au local d’un ancien syndicat communiste. Il y a très peu de monde mais la musique est attirante et le bric à brac environnant est séduisant. Tout le monde fume. Le barman nous sert une tournée et nous annonce malheureusement qu’il va bientôt fermer. Nous nous installons, nous discutons, nous buvons. Que faire après ? Certains veulent sortir, d’autres sont fatigués… Le Trésor ? Le Berghain ? Pourquoi pas mais il est déjà 2h30 … Le barman nous donne finalement un papier avec l’adresse d’une fête « où tous les Berlinois vont le mercredi soir ». Ce n’est pas un club, ce n’est même pas un bar, c’est une sorte de squat.

« C’est loin ?

- Non à deux pas. »

Il prévoit aussi un plan B : le Kaffee Burger. OK, voilà un bon programme a priori. Les garçons se motivent et les filles rentrent…

On attrape donc un taxi et on lui donne l’adresse. Il nous a clairement promené mais qu’importe, c’est agréable de découvrir la ville en taxi et puis c’est le jeu, on reste des touristes. Nous roulons au moins dix minutes, peut-être plus et nous nous retrouvons dans une zone étrange, une sorte de cité ouvrière de Berlin-Est. Les rues sont incroyablement larges, les immeubles immenses, d’une architecture on ne peut plus pauvre : de simples blocs de pierre posés de part et d’autre de l’avenue. La lumière est étrange, il y a une faible brume et les réverbères dégagent des rayons flous. Nous arrivons à l’adresse indiquée : une friche déglinguée, une sorte d’ancienne imprimerie désaffectée, taguée, aux vitres éclatées. Le chauffeur sort une lampe torche et la braque sur le bâtiment, on se serait cru dans un feuilleton policier. Il est surpris par notre destination.

« C’est une fille qui vous a donné cette adresse ? Je pense que c’est une prostituée.

- Non, un barman.

- Alors c’est un proxénète. Cet endroit n’est pas bon pour vous, c’est un repère de prostituées roumaines … »

Je sors prendre la température, vraiment intrigué par les lieux. Il n’y a pas de musique et guère de mouvements à l’intérieur. Les vitres sont teintées mais allumées. Il n’y a visiblement pas de fête ici mais je décide tout de même de cogner à la porte. Nous tenons absolument à voir ce qu’il y a à l’intérieur. C’est probablement de la curiosité malsaine mais qu‘importe cet endroit a quelque chose de spécial. Il est de ces endroits qui inspirent, font travailler l’imagination, les rêves même. C’est une sorte de carte postale de Berlin, d’un certain Berlin en tous cas.

Je rejoins finalement mes camarades dans la voiture, direction le Kaffee Burger donc. Le chauffeur nous balade encore un peu. Nous arrivons à bon port, quartier sympa, davantage fréquenté. Nous payons la course. Le chauffeur a le temps de nous indiquer deux ou trois adresses et un coin où trouver des prostituées « cleans ». Il a définitivement cru que nous étions venu pour ça. C’est plutôt vexant.

Le bar est sympa, gentil dirons nous. La bière n’est pas chère et à 5h du matin les gens sont déjà bien éméchés. Nous tachons de les rattraper. Nous parlons de films, de photographies, de femmes, de photographies de femmes…

A 6h30 nous décidons de rentrer en essayant de trouver de quoi nous sustenter sur le chemin : à cette heure-ci, cela risque d’être compliqué de trouver un club et définitivement nous n’avons pas l’intention d’aller aux putes.

Arrivés dans notre quartier nous tentons d’abord un kebab, l’enseigne et la viande qui pendouille ne nous inspirent guère. Nous nous tournons finalement vers une boulangerie au coin de la rue. A l’intérieur, une chaleur nous enveloppe et une délicieuse odeur ranime nos sens. Toute personne saoule pénétrant à l’aube dans une boulangerie connaît cette sensation. Les deux boulangères ne sont là que pour nous. Il y en a une, jeune, mignonne, et une autre avec une moustache particulièrement fournie. Hold-up sur la vitrine : bagels, croissants au fromage, sandwiches jambon-crudités… Le tout pour une poignée d’euros.

Nous finirons installés dans le canapé du salon à déguster nos mets et consumer des cigarettes dans notre appartement non-fumeur…

Réveil dans une heure pour aller chercher les accréditations…

HV

07/02/2011

You Talkin' To Me ?

taxi_driver.01.jpg

En 1976, sortait Taxi Driver, de Martin Scorsese, film devenu culte depuis sa sortie en salles. La Berlinale propose cette année une version restaurée numérique en qualité 4K. Le scénariste Paul Schrader viendra présenter lui-même cette nouvelle version. Ce sera l’occasion pour nous de revoir ce magnifique long-métrage, aussi beau que dérangeant…

De retour du Vietnam, Travis Bickle, est profondément marqué par les atrocités de cette guerre. Il se fait engager dans une compagnie de taxis new-yorkaise. En parcourant la ville de long en large toutes les nuits, il est le témoin d’un spectacle violent et décadent. Ce paysage dépravé ainsi que ses rencontres nocturnes font ressortir en lui haine et traumatisme le poussant chaque jour un peu plus vers la folie. Il rencontrera une jeune prostituée de 14 ans et décidera de la délivrer de ses souteneurs. Par cette action, on comprend qu’il est en quête de rédemption.

Grâce à un scenario original de Paul Schrader, scénariste de renom (Yakuza de Sydney Pollack, Obsession de Brian de Palma, American Gigolo réalisé par lui-même ou encore Raging Bull de Martin Scorsese) à la réalisation parfaite du talentueux Martin Scorsese ainsi qu’à un jeu d’acteur incroyable (Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel…), Taxi Driver est considéré comme un chef d’œuvre du 20ème siècle. Le film fut nommé quatre fois aux Oscars notamment dans la catégorie « meilleur film ». Il remporta la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1976.

 

Au départ, le projet était conçu pour le réalisateur Mulligan, et le rôle-titre écrit pour Jeff Bridges. Le script a été racheté par les producteurs Michaël et Julia Philips qui réunirent la somme de 1,3 millions de dollars. Malgré un financement difficile, le film a pu voir le jour.

Taxi Driver traite de plusieurs sujets audacieux pour l’époque et notamment de la Guerre du Vietnam (1959-1975), événement majeur dans l’histoire des Etats-Unis. En effet, l’intervention des Etats-Unis dans cette guerre a été vivement critiquée et a été l’enjeu des campagnes politiques américaines (primaires et présidence des USA). Aussi, Jonhson, McCarthy, Humphrey, Kennedy, ou encore Nixon ont tous fondé leur élection sur leur positionnement pro ou anti-guerre. Les atrocités et exactions commises par l’armée américaine (massacre de civils notamment) sont condamnées par l’opinion publique et de nombreux artistes ou hommes d’influence prennent position contre l’enlisement des Etats-Unis. Les soldats américains firent aussi l’objet de nombreuses tortures lors de leur captivité par les armées ennemies.

À leur retour, les soldats américains s’avèrent être profondément marqués psychologiquement par toutes les atrocités de la guerre. Nombreux sont rentrés traumatisés, dépressifs, ou presque fous tant les conditions de vie là-bas furent abominables. De plus, fortement encouragés au départ, ils se retrouvent dénigrés par l’opinion publique à leur retour, principalement en raison de la couverture médiatique désastreuse de cet interminable conflit.

Le cinéma s’est emparé de la Guerre du Vietnam et de nombreux films engagés ont vu le jour dès le début des années soixante-dix :

- Le Merdier de Ted Post (1978)

- Voyage au bout de l’Enfer de Michaël Cimino (1978)

- The Wa rat Home de Glenn Silber (1979)

- Apocalypse Now de Francis Ford Coppola  (1979)

- Full metal Jacket de Stanley Kubrick (1987)

- Good Morning Vietnam de Barry Levinson (1987)

- Platoon d’Oliver Stone (1986)

- Rambo de Ted Kotcheff (1982)

- Le Retour de Hal Ashby (1978)…

 

Martin Scorsese explique dans le livre « Scorsese par Scorsese » de David Thompson et Ian Christie sa vision du film et donne des clés au spectateur :

 

« Presque tout dans Taxi Driver vient de ce que je pense que les films sont une sorte d’état onirique, comme quand on prend de la drogue. Le choc qu’on ressent en sortant de la salle dans la pleine lumière du jour peut devenir terrifiant (…). Le film dans son ensemble découle un peu des impressions qu’a ressenties un homme né à New York et qui y vit. Il y a un plan où la caméra a été montée sur le capot du taxi qui passe devant un enseigne où il y a écrit « fascination ». C’est tout le sens du film : être fasciné, cet ange exterminateur qui flotte à travers les rues d’une métropole qui représente à mes yeux toutes les grandes villes (…) Il faut bien comprendre que Travis a les meilleures intentions du monde ; il croit bien faire, comme Saint-Paul. Il veut donner un grand coup de balai dans l’existence, laver son esprit, purifier son âme. C’est un mystique mais au sens où Charles Bronson l’était, ce qui ne veut pas dire que c’est une vertu. La clé du film, c’est l’idée qu’il faut être assez courageux pour accepter ses propres sentiments et les transformer en actes. Instinctivement, j’ai montré que l’action n’était pas une fin en soi, et ça a créé un regard encore plus distancié sur ce qui se passe…».

 

Enfin, comment terminer cet article sans évoquer une des répliques les plus cultes du cinéma américain qui est souvent reprise, citée, ou parodiée :

« You talkin' to me ? You talkin' to me ? You talkin' to me ? Then who the hell else are you talkin' to ? You talkin' to me? Well I'm the only one here. Who the fuck do you think you're talking to ? »

Robert De Niro a, dit-on, improvisé cette réplique sur le moment alors qu’elle ne figurait pas dans le scenario de départ. La légende raconte que l’acteur se serait inspiré d’un concert de Bruce Springsteen au Roxy à Los Angeles où le chanteur, de dos, aurait demandé à un public en liesse : « You talkin’ to me ? »…

EG

Les Sections parallèles

 

tropa-de-elite-2.jpgPanorama

Deuxième grand chapitre du Festival de Berlin, il s’agit de la section Panaroma. Cette section rend hommage aux films qui témoignent d’une véritable inspiration créatrice. Le cru 2011 s’annonce foisonnant : 16 longs métrages seront présentés dans le programme principal, 14 dans la section Panorama Special et 20 dans la section Panorama Dokumente. Les films présentées lors de ces séances dressent un large portrait de l’état de la production cinématographique dans le monde entier : ils proviennent de 29 pays différents. Ils sont aussi un indicateur du dynamisme de la production cinématographique mondiale : on compte 12 premiers films dans cette sélection.

La France est à l’honneur dans cette compétition puisque le second film Tomboy de la réalisatrice Céline Sciamma fera l’ouverture du programme principal le 10 février.

La section Panorama Special ouvre le 11 février, avec deux films à fort contenu politique :

- Troupe d’élite 2 (suite de son film qui avait remporté l’Ours d’Or du meilleur film à la Berlinale 2008) du réalisateur brésilien José Padilha

- une production belge du réalisateur Lee Tamahori, The Devil’s double. Le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori est notamment connu pour avoir réalisé Meurs un autre jour film de la série des James Bond.

Enfin la section Panorama Dokumente débute le 11 février avec le film Barzakh du réalisateur lituanien Mantas Kvedaravicius, une coproduction finno-lituanienne signée Aki Kaurismäki (auréolé du Grand Prix à Cannes en 2002 pour son film L’Homme Sans Passé).

 

Forum

Section importante du Festival de Berlin, la 41ème édition du Forum de la Berlinale présentera 39 films dans son programme principal auxquels s’ajoutent six films en projection spéciale. Parmi ces œuvres, 24 sont des premières mondiales. D’autre part, dans le cadre du Forum, huit films du cinéaste japonais Shibuya Minoru (1907-1980) seront projetés à l’écran. Réalisateur majeur au Japon, certains de ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes comme Gendai-jin en 1953 ou Christ in Bronze en 1956.

Un large nombre de films du Forum de la Berlinale traitent des relations familiales et explorent la psychologie des individus, des thèmes chers aux cinéastes indépendants. Beaucoup d’entre eux autorisent une lecture politique en relation avec le changement de contexte social, c’est notamment le cas du film hollandais An Angel in Doel qui traite de la destruction d’un village entier pour faire place à l’expansion du port de la ville belge d’Anvers et qui s’interroge sur les conséquences dévastatrices pour une partie de cette population, notamment les personnes âgées.

Evènement incontournable du Forum : la projection de Dreileben dans le cadre d’un débat sur l’esthétique cinématographique organisé par le magazine de cinéma allemand Revolver. Dreileben est une série télévisée allemande de 3 films de 90 minutes, chaque épisode ayant été réalisé par des cinéastes différents : Christian Petzold, Dominik Graf et Christian Hochhäusler. Ces trois chefs de file de la « nouvelle vague allemande » traitent dans leur film du même évènement : l’évasion d’un prétendu criminel lors d’une détention policière. Chaque film raconte cette histoire dans un style propre et selon un point de vue différent : selon le point de vue d’un jeune homme qui commence son service dans la police (Etwas Besseres als den Tod de Christian Petzold) ; selon le point de vue d’un psychologue de la police qui arrive sur les lieux au moment de l’évasion (Komm mir nicht nach de Dominik Graf) et selon le point de vue du criminel et d’un officier de police (Eine Minute Dunkel de Christian Hochhäusler). Une première mondiale le 16 février qui risque de faire parler d’elle…

 

Generation

La Compétition Génération se divise en deux categories : Generation Kplus et Generation 14plus. Dans le cadre de ces deux sections, 59 films de 30 pays différents seront diffusés. On retrouve encore de nombreux premiers films. Cette compétition est surtout centrée sur la jeunesse. En plus d’un jury habituel, 11 enfants de Berlin de 11 à 14 ans et sept adolescents ont été invités à faire partie du « jury des enfants et de la jeunesse ». Ils seront chargés de remettre le prix de l’Ours de Crystal du meilleur court-métrage et du meilleur long-métrage dans les compétitions Generation Kplus et 14plus.

La plupart des films engagés traitent de l’enfance, de l’adolescence et du passage à l’âge adulte : thématique récurrente du cinéma indie américain, que l’on retrouve sous différentes formes dans d’autres pays. On attend avec impatience le documentaire du réalisateur anglais Tim Pritchard Streets Kids United, consacré à une équipe de jeunes footballeurs sud-africains qui s’entrainent pour participer à la Coupe du Monde des quartiers.

On retrouve aussi dans cette sélection de nombreux films destinés à un jeune public.

 

s_08b_spike_jonze.jpgBerlinale Shorts

Dernière section de la Berlinale, la traditionnelle compétition de court-métrage. Compétition assez récente pour ce festival puisqu’elle fête ses cinq ans. Elle regroupe un ensemble assez large de films, aux formes variées et explorant des univers différents. Au total ,25 court-métrages de 21 pays seront présentés et seront en compétition pour obtenir l’Ours d’Or du meilleur court-métrage.

On note la présence de Spike Jonze, clippeur et réalisateur de Max et les Maximonstres, avec son court-métrage de 28 minutes, le très attendu Scenes From The Suburbs, prolongement de son clip réalisé pour le groupe de rock canadien Arcade Fire.

Autre court métrage attendu, PARANMANJANG (Night Fishing) du réalisateur coréen Park Chan-wook (auteur du fameux Old Boy, Grand Prix à Cannes en 2004) et de son frère Park Chan-kyong. Un film mêlant horreur et fantastique tourné entièrement à l’iPhone 4. Il raconte l’histoire d’un homme persuadé d’avoir tué une femme lors d’une partie de pêche.

 

PHC

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Les films en compétition

 

Les-contes-de-la-nuit-3D.jpgLe 18 janvier dernier, la Berlinale 2011 a livré sa sélection définitive. Qui pour succéder au Miel du réalisateur turc Semih Kaplanoglu ? Quels sont les films réellement attendus ? L’édition précédente avait offert quelques projections particulièrement remarquées : du Ghost Writer de Polanski au Greenberg de Noah Baumbach, en passant par Faites le Mur, le docu-fiction de Banksy présenté hors-compétition. Après l’excellent film Le Braqueur du cinéaste allemand Benjamin Heisenberg, présenté à la Berlinale 2010, on attend de voir ce que nous réserve cette année le « nouveau » cinéma allemand.

16 longs métrages seront en lice pour décrocher l’Ours d’Or.

On retrouve un cinéma à dominante européenne, sur ces 16 films huit sont des œuvres de réalisateurs européens (enfin faut-il encore y inclure la Turquie, Israël et la Russie, on se contentera ici d’une définition large de l’Europe). Le film d’animation en 3D Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot représentera la France en compétition officielle. A noter aussi la présence d’un film français dans la sélection officielle hors compétition, Philippe Guay y présentera Les Femmes du 6ème étage. Fabrice Lucchini et Sandrine Kiberlain sont à l’affiche de cette comédie.

La sélection dénote par rapport à celles généralement annoncées par Cannes ou Venise, pas de Woody Allen, ni de Quentin Tarantino ou de Sofia Coppola, le premier grand festival de l’année opère davantage comme un découvreur de talent. Parmi les 16 films en compétition officielle, on retrouve en effet six premiers films, dont le très attendu Coriolanus de l’acteur britannique Ralph Fiennes passé derrière la caméra. In fine cette sélection regroupe surtout des réalisateurs ayant fait leur preuve en festival mais assez peu connu du grand public. C’est notamment le cas du cinéaste hongrois Bela Tarr sélectionné à Cannes à de multiples reprises, ou de l’américaine Miranda July dont le premier film en 2005 Moi, toi et tous les autres avait récolté les prix à Cannes (Caméra d’Or et Prix de la Semaine de la Critique).

Quelques grands noms cependant à l’affiche, à commencer par les Frères Coen qui ont l’honneur d’ouvrir cette 61ème édition avec le très attendu True Grit où Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin se partagent l’affiche. Nouveaux talents et artillerie lourde du côté du cinéma allemand, puisqu’on attend la première mondiale de Pina, documentaire en 3D de Wim Wenders consacré à la chorégraphe allemande Pina Bausch (hors compétition), et une séance spéciale de Cave Of Forgotten Dreams, un documentaire 3D de Werner Herzog consacré à l’exploration de la grotte de Chauvet en Ardèche. Le documentaire semble être une forme narrative de plus en plus appréciée par les auteurs. On peut néanmoins rappeler que les deux « monstres » du cinéma allemand (ou américain pour Werner Herzog) ne sont pas à leur premier coup d’essai en la matière (Cf Buena Vista Social Club de Wenders, Ennemis intimes ou Grizzly Man de Herzog). Une chose est sûre, le festival annonce les prémisses d’une année cinématographique riche en 3D : en témoigne les projets à venir de Steven Spielberg et Martin Scorcese qui, respectivement, adaptent en 3D Le Secret de La Licorne et le roman visuel L’invention d’Hugo Cabret qui prend racine dans le Paris des années 30.

La liste de la Compétition officielle :

Ouverture

True Grit

des frères Coen (USA)

En compétition

A Mysterious World
de Rodrigo Moreno (Argentine)

Come Rain Come Shine
de Lee Yoon-ki (Corée du Sud)

Coriolanus

de Ralph Fiennes (Grande Bretagne)

If not us, who ?

d'Andres Veiel (Allemagne)

Innocent Saturday
d'Alexander Mindadze (Russie)

Les contes de la nuit
de Michel Ocelot (France)

Lipstikka

de Jonathan Sagall (Israël)

Margin Call
de JC Chandor ( USA)

Nader And Simin, A Separation
d'Asghar Farhadi (Iran)

Our Grand Despair

de Seyfi Teoman (Turquie)

Sleeping Sickness
d'Ulrich Köhler (Allemagne)

The Forgiveness Of Blood
de Joshua Marston (USA)

The Future

de Miranda July (USA)

The Prize

de Paula Markovitch (Mexique)

The Turin Horse

de Béla Tarr (Hongrie)

Yelling To The Sky

de Victoria Mahoney (USA)

Hors compétition

Pina
de Wim Wenders (Allemagne)

Almanya - Willkommen in Deutschland
de Yasemin Samdereli (Allemagne)

Les femmes du 6ème étage
de Philippe Le Guay (France)

My Best Enemy
de Wolfgang Murnberger (Autriche)

Unknown
de Jaume Collet-Serra (Allemagne)

Séances spéciales

Cave Of Forgotten Dreams
de Werner Herzog (USA)

Hors jeu
de Jafar Panahi (Iran)

PHC

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Berlinale 11 : à ne pas manquer cette année...

 

berlin-marche-du-film-europeen.jpgEn plus des différentes sections et compétitions de la Berlinale, de nombreux évènements sont organisés pendant les 10 jours du festival : débats, marchés du film, rétrospectives, projections spéciales, découverte de talents, auditions de projets, actions de solidarité envers Jafar Panahi, soirées de gala. Tout le monde devrait pouvoir y trouver son compte : producteurs, distributeurs, scénaristes, réalisateurs, acteurs, jeunes talents, journalistes, spectateurs, cinéphiles, universitaires, fêtards, pique-assiettes…

Le Marché du film européen et du marché de la coproduction est un évènement majeur pour les producteurs et professionnels du cinéma. Il ouvre ses portes le 10 février, jour d’ouverture de la Berlinale, et regroupe des professionnels de 50 pays différents. Les présentations ont lieu dans le célèbre Martin-Gropius Bau, ancien musée des Arts décoratifs et désormais lieu d’exposition, et à l’hôtel Marriott sur la Potsdamer Platz. Berlin est le premier gros marché du film de l’année et sert de point de repère à l’ensemble de la profession. Il permet de facto de prévoir les tendances pour l’année à venir : ce qui s’achète, se vend etc. A cette occasion de nombreux débats sont organisés et se tiendront entre le 11 et le 13 février en collaboration avec The Hollywood Reportet Variety. Comme nous l’annoncions, il est prévu cette année, de faire une grande place à la projection de films en 3D.L’industrie documentaire est aussi à l’honneur grâce à l’initiative conjointe du réseau du documentaire européen et du marché du film de Berlin. Un forum est organisé à l’hôtel Marriott et permettra aux réalisateurs de documentaires de présenter des mini-documentaires.

Quant au Marché de la Coproduction, sa huitième édition se tiendra entre les 13 et 15 février. Les producteurs et réalisateurs des 38 projets sélectionnés auront la possibilité de rencontrer plus de 450 coproducteurs et partenaires financiers éventuels.

Les festivals internationaux sont le lieu privilégié de l’émergence de nouveaux talents, en témoigne le Berlinale Talent Campus, dont la 9ème édition se tiendra entre les 12 et 17 février. Il s’agit d’un tremplin pour plus de 350 réalisateurs venus du monde entier. La « Berlinale Talent Campus » fonctionne comme une université, offrant un programme des plus variés sur divers aspects du cinéma : la réalisation, l’écriture de scénario, le jeu d’acteur,  la direction de la photographie, la production, la critique de film, la conception sonore ou encore la composition. Elle est avant tout un lieu de rencontres avec les professionnels du cinéma et constitue un formidable outil pour développer un réseau professionnel. Les réalisateurs Danis Tanovic, Janus Metz et Samuel Maoz tiendront cette année une conférence autour du thème « filmer la guerre ». En effet, aucun autre événement n’a autant influé sur les structures narratives et l’esthétique des films que les guerres du 20ème et 21ème siècle. Rappelons notamment que Danis Tanovic a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger en 2002 pour son film No Man’s Land, traitant de la guerre de Bosnie. Janus Metz a lui obtenu le Grand Prix à la semaine internationale de la Critique du Festival de Cannes 2010 pour son documentaire Armadillo qui se déroule en Afghanistan. Samuel Maoz, scénariste et réalisateur israélien a reçu le Lion d’Or à Venise en 2009 pour son film Lebanon où la guerre du Liban est filmée du point de vue subjectif des occupants d’un char de combat.

IngmarBergman.jpgAutre évènement qui ravira les cinéphiles du monde entier, la Berlinale organise cette année une rétrospective en l’honneur du réalisateur suédois Ingmar Bergman. Mort en 2007, le « boulimique » Ingmar est à l’origine de plus de 60 films. La reconnaissance internationale lui vient avec des grands succès comme Le Silence (1962) ou Fanny et Alexandre (1981) avec lequel il remporte 4 oscars. Il ajoute son nom au palmarès de la Berlinale en remportant en 1958 l’Ours d’Or du meilleur film avec Les Fraises Sauvages. Le choix de Bergman n’est en aucun cas un choix de fortune tant il constitue une source d’inspiration et un exemple pour le cinéma d’auteur européen : une productivité artistique impressionnante, une œuvre colossale, explorant les multiples facettes du comportement humain. Du Chabrol sans le cholestérol… Quelques compagnons de route du réalisateur viendront présenter et débattre de ses œuvres. On retrouvera Katinka Farago qui a travaillé sur plus de 20 films avec Bergman entre 1955 et 1992, occupant un grand nombre de fonctions. Autre grande figure, Stig Björkman, ancien collègue et compagnon de Bergman, projettera son documentaire Ingmar Bergman (1970-1972) et deux compilations présentant Bergman et son équipe pendant les tournages.

C’est aussi une tradition pour la Berlinale de présenter des chefs d’œuvres du cinéma dans son programme spécial. Cette année, c’est le film culte de Martin Scorcese Taxi Driver qui sera projeté dans une version restaurée 4K numérique. Ce nouveau format de définition d’image numérique crée par Sony s’est installé en fin d’année dernière dans des salles de cinéma américaines et britanniques et nécessite des projecteurs de cinéma numérique certifiés DCI 4K censés arriver cette année. La Berlinale semble déjà équipée, les spectateurs ne vont pas s’en plaindre. Cerise sur le gâteau, le réalisateur et scénariste américain Paul Schrader, auteur du scénario de Taxi Driver, viendra présenter la version restaurée du film.

Le Festival International du Film de Berlin a aussi prévu un certain nombre d’actions de solidarité en faveur du cinéaste iranien Jafar Panahi. Invité à participer au Jury de la 61ème édition de la Berlinale, il a été condamné à une peine de 6 ans de prison par le régime d’Ahmadinejad, libéré sous caution, il est frappé d’une interdiction de quitter le territoire et ne peut réaliser des films pour une durée de 20 ans. Les organisateurs de la Berlinale ont décidé de montrer plusieurs de ses œuvres, en commençant par Hors Jeux (Ours d’Or 2006)diffusé le 11 février au Palais de Berlin à 16H30. Par la suite, d’autres films de Panahi seront présentés dans les sections Panorama, Forum,Generation et Berlinale Shorts. D’autre part, le « Berlinale Talent Campus » et le « World Cinema fund » organisent le 17 février un débat avec des artistes et réalisateurs iraniens autour de la censure, de la liberté d’opinion et d’expression en Iran.

A suivre...

PHC

 

 

 
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