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07/02/2011

La Berlinale en histoire

 

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Histoires courtes

Le Festival International du Film de Berlin a été crée en 1951, dans un contexte de guerre froide, par les Alliés qui voulaient établir une « vitrine du monde libre ». La Berlinale est inaugurée le 6 juin 1951 au cinéma « Titania Palast », sous la direction d’Alfred Bauer, premier directeur du festival. Elle se déroulait donc originellement en été et a lieu en février seulement depuis 1978.C’est Rebecca d’Alfred Hitchcock qui fit l’ouverture de la première édition avec Laurence Olivier et Joan Fontaine.

Dès 1953, l’organisation du Festival est perturbée par l’insurrection ouvrière qui se déroule à Berlin-Est (les émeutes du 17 juin 1953 sont sévèrement réprimées par les troupes soviétiques et la police est-allemande). Le festival reste dans l’ombre cette année et les défections sont légion.

Le Festival prend une dimension internationale lors de sa quatrième édition en 1954, aidé par des invités « glamour » : Gina Lollobridgida, Sophia Lauren, Yvonne de Carlo, Eva Bartok, Jean Marais ou Vittorio de Sica sont célébrés par un public venu en masse.

En 1956, le festival se dote enfin d’un jury international qui jugera les films selon des critères artistiques.

La Berlinale change de lieu en 1957 et s’installe dans le cinéma « Zoo-Palast », qui accueillera le festival jusqu’en 1999.

En 1959, la « Nouvelle Vague » est à l’honneur du festival. La Berlinale est le théâtre de débats enflammés auxquels participent Truffaut, Godard et Chabrol. L’Ours d’Or revient à Claude Chabrol pour Les Cousins.

En 1962, le festival est à nouveau rattrapé par l’histoire, la construction d’un mur entre Berlin-Est et Berlin-Ouest le 13 août 1961 jette un froid sur la 12ème édition. Le festival a lieu dans une ville coupée en deux et aucun film de l’est n’est à l’affiche.

1965 est année fleuve pour le cinéma français à Berlin, Godard remporte l’Ours d’Or pour son film Alphaville et Agnès Varda l’Ours d’Argent avec son film Le Bonheur.

En 1967 le festival de Berlin prend la forme juridique d’une SARL. A cette occasion, une invitation est envoyée à l’ensemble des Etats socialistes. Seule la Yougoslavie y répond favorablement.

Lors de l’année 1968, alors que de nombreux festivals sont perturbés par les révoltes estudiantines et que la compétition de Cannes est interrompue, le festival de Berlin se déroule quasiment sans encombres.

L’année 1974 marque une première avec la projection d’un film soviétique.

Ouverture qui se poursuit en 1975 avec la participation à la compétition officielle du cinéaste est-allemand Frank Beyer, tandis que le jury accueille un membre soviétique.

L’année 1982 est à nouveau le théâtre du « glamour et des paillettes » : on retrouve Claudia Cardinale, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Michel Piccoli et James Stewart auquel le festival rend un hommage appuyé.

1985 marque une nouvelle première : le film de Rainer Simon Die Frau und der Fremde est le premier film est-allemand à remporter l’Ours d’Or.

Nouvelle surprise en 1988, c’est la première fois qu’un film de Chine Populaire reçoit un prix en festival (Hong Gaoliang de Zhang Yimou).

En 1999, la Berlinale change de lieu, elle se déroule l’année suivante sur la Postdamer Platz. Le denier film consacré au cinéma « Zoo-Palast » est La Ligne Rouge de Terrence Malick couronné de l’Ours d’Or.

2001, Patrice Chéreau est le dernier français en date à avoir remporté l’Ours d’Or pour son film Intimité.

2004 marque l’avènement d’un grand cinéaste allemand Fatih Akin qui, avec son film Head On (Gegen die Wand), remporte l’Ours d’ Or du meilleur film. C’est la première fois depuis 1986 qu’un réalisateur allemand remporte ce prix.

 

Anecdotes

A chaque festival son lot d’anecdotes et de scandales, Berlin n’y déroge pas :

En 1951, première année du festival, le jury allemand décerne l’Ours d’Or à cinq films dont le Cendrillon de Walt Disney

Les éditions de 1952 à 1955 n’ont pas de jury pour décerner des prix, ce rôle est dévolu au public.

L’invité d’honneur du festival 1953, Gary Cooper, défraie la chronique en critiquant publiquement le maccarthysme qui fait rage aux Etats-Unis.

Première grosse affaire du festival en 1956, le gouvernement allemand proteste contre le film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard projeté à Cannes. Après consultation du Sénat de Berlin, le documentaire sur le camp de concentration d’Auschwitch est montré à un public réduit lors d’une projection spéciale.

Le premier scandale du festival intervient en 1970 autour du film O.K de l’Allemand Michael Verhoeven, qui met en scène le viol et le meurtre d’une jeune vietnamienne par des soldats américains. Ce film divise le public et suite aux polémiques il est retiré de la compétition. Journalistes et réalisateurs se solidarisent avec le réalisateur allemand, ce qui provoque la dissolution du jury. La compétition est suspendue et aucun prix n’est remis.

Premier coup de tonnerre au Forum de la Berlinale en 1976 : le film du japonais Nagisa Oshima Ai No Corrida est retiré de la compétition car soupçonné de pornographie. Une action en est lancée par le Tribunal d’instance de Tiergarten à laquelle il ne sera donné suite.

Nouveau scandale en 1979 avec le Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino. Ce film sur la guerre du Viêtnam provoque la colère des délégations de plusieurs pays socialistes qui décident de retirer leur film de la compétition et de quitter le festival.

Le dernier grand scandale a lieu en 1986 avec Stammhein le film de Reinhard Hauff sur la Fraction armée rouge. Des perturbations sont annoncées avant le début du festival et des menaces de mort sont proférées. Le film nécessite un déploiement sans précédent des forces de police. Il recevra finalement l’Ours d’Or du meilleur film.

En 2003, coup de théâtre, le célèbre producteur français Daniel Toscan du Plantier décède en plein festival, foudroyé par une crise cardiaque.

 

Les Français et la Berlinale

Ils sont seulement 7 réalisateurs français à avoir reçu l’Ours d’Or de Berlin : André Cayatte pour Justice est faite et Jean-Paul Le Chanois (Sans laisser d'adresse) se partagent la récompense en 1951 lors de la première édition. Henri Georges Clouzot reçoit le prix en 1953 avec son film Le Salaire de la peur, Claude Chabrol (Les Cousins) en 1959, Jean-Luc Godard (Alphaville) en 1965. Dernièrement, Bertrand Tavernier (L'Appât) et Patrice Chéreau (Intimité) ont obtenu ce titre, respectivement en 1995 et 2001.

PHC

 

Berlinale 11 : un jury féminin

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Le jury de la 61ème édition du festival de Berlin a une tonalité féminine. Composé à l’origine de quatre femmes et trois hommes, ces derniers seront au nombre de deux suite à l’emprisonnement du cinéaste iranien Jafar Panahi :

Honneur à la présidente, l’actrice italo-américaine Isabella Rossellini, fille du réalisateur Roberto Rossellini et de l’actrice Ingrid Bergman. Ancienne mannequin et égérie de la marque Lancôme, ses rôles dans Blue Velvet et Sailor et Lula de David Lynch lui ont permis de s’imposer au cinéma comme actrice. Elle partage sa carrière entre cinéma et télévision, elle apparaît en 2002 dans le téléfilm Napoléon où elle interprète Joséphine et partage l’affiche avec Christian Clavier, Gérard Depardieu et John Malkovich. On la retrouve en 2008 dans le film de James Gray Two Lovers, elle y interprète la mère de Leonard Kraditor interprété par Joaquin Phoenix.Isabella Rossellini a été mariée à Martin Scorcese, elle a ensuite partagé sa vie avec David Lynch, l’acteur Gary Oldman et le célèbre producteur français Daniel Toscan du Plantier.

On retrouve aussi la productrice australienne Jan Chapman. Elle a commencé sa carrière dans la production de films indépendants. Elle est surtout connue pour avoir révélé Jane Campion avec son film La Leçon de Piano, palme d’or au Festival de Cannes en 1993. Bright Star, sorti en 2010 est le fruit de cette collaboration entre la productrice et la réalisatrice australienne.

Autre membre féminin du jury, l’actrice allemande Nina Hoss, star montante du cinéma allemand. Sa collaboration avec le réalisateur Christian Petzold, l’un des chefs de file de la « nouvelle vague » du cinéma allemand (appelée aussi « L’école de Berlin »  où l’on retrouve les réalisateurs Thomas Arslan, Christoph Hochhaüsler, Angela Schanelec, Caroline Link etc..) lui vaut en 2007 l’Ours d’Argent de la meilleure actrice au festival de Berlin pour son interprétation dans le film Yella. Elle est à l’affiche l’année suivante de Jerichow du même Christian Petzold, en compétition à la Mostra de Venise 2008.

La costumière britannique Sandy Powell vient compléter ce quator féminin. Célèbre pour avoir travaillé avec Martin Scorcese notamment sur Gangs of New York (2002) et The Aviator (2004), elle a remporté à trois reprises l’oscar du meilleur costume : en 1999 pour Shakespeare In Love, en 2004 pour The Aviator et en 2009 pour Victoria : les jeunes années d’une reine réalisé par Jean-Marc Vallée et produit par l’inévitable Scorcese.

Côté masculin, on devait retrouver le cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six ans de prison par le régime iranien, libéré sous caution mais frappé d’une interdiction de quitter le territoire. Les organisateurs de la Berlinale ont prévu de lui rendre hommage en projetant son film Hors-Jeu, le jour de l’anniversaire de la révolution iranienne le 11 février. Ce film avait déjà reçu l’Ours d’Argent à la Berlinale en 2006.A noter que tous les longs-métrages de Panahi ont obtenu des prix dans des festivals majeurs : Cannes, Locarno, Venise, Berlin.

On se consolera avec la superstar de Bollywood Aamir Khan. Il a tourné dans une quarantaine de films, a été couronné à quatre reprises du prix du meilleur acteur aux Filmfare Awards (l’équivalent indien des Césars français) et a obtenu en 2007 le Filmfare Award du meilleur réalisateur pour son film Taare Zameen Par.

Enfin, on retrouvera le réalisateur canadien Guy Maddin. Auteur de 9 longs-métrages, connu pour son penchant pour les films muets, il a présenté en 2007 à la Berlinale son film muet Des trous dans la tête accompagné par un orchestre en live, un chanteur, et Isabella Rossellini chargée de la narration du film (la boucle est bouclée). Son « faux » documentaire expérimental Winnipeg Mon Amour a fait l’ouverture du Forum de la Berlinale en 2008 et a obtenu le prix du « meilleur long-métrage canadien » au festival international du film de Toronto.

PHC

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