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20/02/2011

Le Palmarès de la Berlinale 2011 : Asghar Farhadi et Belà Tarr logiquement récompensés

 

r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$fz0manptafjzpce7q366scl24wrd7ot.jpegSamedi 19 février, aux alentours de 20h, le jury de la 61ème Berlinale présidé par Isabella Rossellini a rendu son verdict. Le grand vainqueur de cette édition est le réalisateur iranien Asghar Farhadi, dont le film Nader et Simin, une séparation remporte l’Ours d’Or. A noter, que 5 des acteurs du film repartent avec l’Ours d’Argent de l’interprétation féminine et masculine.

L’Ours d’Argent, autre distinction principale, revient au réalisateur hongrois Béla Tarr pour son film Le Cheval de Turin. Deux films qui, à en croire les critiques, furent largement au-dessus du lot lors de cette édition jugée assez faible, beaucoup de grands noms s’étant réservés pour Cannes. Aussi, la qualité du film d’Asghar Farhadi remet en cause la « thèse » du geste politique, même si cette récompense est, à coup sûr, le meilleur moyen d’adresser un signe au cinéaste iranien Jafar Panahi, dont la chaise est restée vide tout au long du festival.

Asghar Farhadi, né en 1972, a d’abord évolué dans le milieu du théâtre. Adepte des récits structurés et maîtrisant parfaitement l’art du dialogue, il tire ainsi sa force de son talent de scénariste. Sur fond de drame familial, son film montre le poids des déterminismes sociaux et des contradictions (notamment la coexistence entre archaïsme et modernité) propres à la société iranienne. Son film précédent, A propos d’Elly (2009), avait déjà remporté l’Ours d’Argent au Festival de Berlin en 2009 et avait connu un important succès en France. Il raconte le voyage d’un groupe d’Iranien au bord de la Mer Caspienne tournant à la catastrophe, suite à la disparition d’une jeune fille nommée Elly.

De son côté, le réalisateur hongrois Belà Tarr réalisait son neuvième film avec Le Cheval de Turin. Ce film assez lent, tourné en noir et blanc, est, selon ses dires, le dernier qu’il réaliserait du fait du désintérêt croissant du public pour ce genre de film et de la difficulté grandissante à produire des films en Hongrie. Il réalise son premier film en 1977, Nid Familial, largement influencé par l’œuvre de John Cassavetes. Ses premiers films seront ainsi dans la veine du réalisme socialiste. Sa carrière connaît un déclic en 1982, à la suite de son adaptation de Macbeth pour la télévision. Ce film comporte seulement deux plans, un premier de 5 minutes avant générique et un deuxième long de 67 minutes. Son travail de réalisateur glisse progressivement du réalisme socialiste vers un cinéma davantage métaphysique, assez proche de l’univers d’Andrei Tarkovsky. Son avant-dernier film L’Homme de Londres fut retardé par le suicide de son producteur Humbert Balsan. Malgré les contre-temps, cette adaptation d’un roman de Georges Simenon participa à la compétition officielle du Festival de Cannes en 2007.

In Fine, deux prix logiques et un signal de solidarité envers le cinéaste Jafar Panahi. Certains regretteront la non-apparition au palmarès de Coriolanus, film de l’acteur britannique Ralph Fiennes, modernisation d’une tragédie shakespearienne. Avec un premier film d’une telle maîtrise, on peut supposer, que Mister Fiennes a encore «  le temps de voir venir ».

 

Le palmarès complet :

 

Ours d'or du meilleur film

Une séparation, de Asghar Farhadi (Iran)


Ours d'argent - Grand Prix du Jury
Le Cheval de Turin, de Bela Tarr (Hongrie)

Ours d'argent du meilleur réalisateur
La Maladie du sommeil, de Ulrich Köhler (France-Allemagne)

Ours d'argent de la meilleure actrice
L'ensemble des actrices de Une séparation

Ours d'argent du meilleur acteur
L'ensemble des acteurs de Une séparation

Ours d'argent de la meilleure contribution artistique
ex-aeaquo Wojchiech Staron pour l'image et Barbara Enriquez pour les décors de El Premio, de Paula Markovitch (Argentine)

Ours d'argent du meilleur scénario
Joshua Marston et Andamion Murataj, pour The Forgiveness of blood (Etats-Unis)

Prix Alfred Bauer (donné à un film qui "élargit l'horizon de l'art de la mise en scène")
Wer Wenn nicht wir, d'Andres Veiel

Prix du meilleur premier film
(toutes sections confondues)
On the ice, d'Andrew Okpeaha MacLean (Eats-Unis)

PHC


 

07/02/2011

Les Sections parallèles

 

tropa-de-elite-2.jpgPanorama

Deuxième grand chapitre du Festival de Berlin, il s’agit de la section Panaroma. Cette section rend hommage aux films qui témoignent d’une véritable inspiration créatrice. Le cru 2011 s’annonce foisonnant : 16 longs métrages seront présentés dans le programme principal, 14 dans la section Panorama Special et 20 dans la section Panorama Dokumente. Les films présentées lors de ces séances dressent un large portrait de l’état de la production cinématographique dans le monde entier : ils proviennent de 29 pays différents. Ils sont aussi un indicateur du dynamisme de la production cinématographique mondiale : on compte 12 premiers films dans cette sélection.

La France est à l’honneur dans cette compétition puisque le second film Tomboy de la réalisatrice Céline Sciamma fera l’ouverture du programme principal le 10 février.

La section Panorama Special ouvre le 11 février, avec deux films à fort contenu politique :

- Troupe d’élite 2 (suite de son film qui avait remporté l’Ours d’Or du meilleur film à la Berlinale 2008) du réalisateur brésilien José Padilha

- une production belge du réalisateur Lee Tamahori, The Devil’s double. Le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori est notamment connu pour avoir réalisé Meurs un autre jour film de la série des James Bond.

Enfin la section Panorama Dokumente débute le 11 février avec le film Barzakh du réalisateur lituanien Mantas Kvedaravicius, une coproduction finno-lituanienne signée Aki Kaurismäki (auréolé du Grand Prix à Cannes en 2002 pour son film L’Homme Sans Passé).

 

Forum

Section importante du Festival de Berlin, la 41ème édition du Forum de la Berlinale présentera 39 films dans son programme principal auxquels s’ajoutent six films en projection spéciale. Parmi ces œuvres, 24 sont des premières mondiales. D’autre part, dans le cadre du Forum, huit films du cinéaste japonais Shibuya Minoru (1907-1980) seront projetés à l’écran. Réalisateur majeur au Japon, certains de ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes comme Gendai-jin en 1953 ou Christ in Bronze en 1956.

Un large nombre de films du Forum de la Berlinale traitent des relations familiales et explorent la psychologie des individus, des thèmes chers aux cinéastes indépendants. Beaucoup d’entre eux autorisent une lecture politique en relation avec le changement de contexte social, c’est notamment le cas du film hollandais An Angel in Doel qui traite de la destruction d’un village entier pour faire place à l’expansion du port de la ville belge d’Anvers et qui s’interroge sur les conséquences dévastatrices pour une partie de cette population, notamment les personnes âgées.

Evènement incontournable du Forum : la projection de Dreileben dans le cadre d’un débat sur l’esthétique cinématographique organisé par le magazine de cinéma allemand Revolver. Dreileben est une série télévisée allemande de 3 films de 90 minutes, chaque épisode ayant été réalisé par des cinéastes différents : Christian Petzold, Dominik Graf et Christian Hochhäusler. Ces trois chefs de file de la « nouvelle vague allemande » traitent dans leur film du même évènement : l’évasion d’un prétendu criminel lors d’une détention policière. Chaque film raconte cette histoire dans un style propre et selon un point de vue différent : selon le point de vue d’un jeune homme qui commence son service dans la police (Etwas Besseres als den Tod de Christian Petzold) ; selon le point de vue d’un psychologue de la police qui arrive sur les lieux au moment de l’évasion (Komm mir nicht nach de Dominik Graf) et selon le point de vue du criminel et d’un officier de police (Eine Minute Dunkel de Christian Hochhäusler). Une première mondiale le 16 février qui risque de faire parler d’elle…

 

Generation

La Compétition Génération se divise en deux categories : Generation Kplus et Generation 14plus. Dans le cadre de ces deux sections, 59 films de 30 pays différents seront diffusés. On retrouve encore de nombreux premiers films. Cette compétition est surtout centrée sur la jeunesse. En plus d’un jury habituel, 11 enfants de Berlin de 11 à 14 ans et sept adolescents ont été invités à faire partie du « jury des enfants et de la jeunesse ». Ils seront chargés de remettre le prix de l’Ours de Crystal du meilleur court-métrage et du meilleur long-métrage dans les compétitions Generation Kplus et 14plus.

La plupart des films engagés traitent de l’enfance, de l’adolescence et du passage à l’âge adulte : thématique récurrente du cinéma indie américain, que l’on retrouve sous différentes formes dans d’autres pays. On attend avec impatience le documentaire du réalisateur anglais Tim Pritchard Streets Kids United, consacré à une équipe de jeunes footballeurs sud-africains qui s’entrainent pour participer à la Coupe du Monde des quartiers.

On retrouve aussi dans cette sélection de nombreux films destinés à un jeune public.

 

s_08b_spike_jonze.jpgBerlinale Shorts

Dernière section de la Berlinale, la traditionnelle compétition de court-métrage. Compétition assez récente pour ce festival puisqu’elle fête ses cinq ans. Elle regroupe un ensemble assez large de films, aux formes variées et explorant des univers différents. Au total ,25 court-métrages de 21 pays seront présentés et seront en compétition pour obtenir l’Ours d’Or du meilleur court-métrage.

On note la présence de Spike Jonze, clippeur et réalisateur de Max et les Maximonstres, avec son court-métrage de 28 minutes, le très attendu Scenes From The Suburbs, prolongement de son clip réalisé pour le groupe de rock canadien Arcade Fire.

Autre court métrage attendu, PARANMANJANG (Night Fishing) du réalisateur coréen Park Chan-wook (auteur du fameux Old Boy, Grand Prix à Cannes en 2004) et de son frère Park Chan-kyong. Un film mêlant horreur et fantastique tourné entièrement à l’iPhone 4. Il raconte l’histoire d’un homme persuadé d’avoir tué une femme lors d’une partie de pêche.

 

PHC

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Les films en compétition

 

Les-contes-de-la-nuit-3D.jpgLe 18 janvier dernier, la Berlinale 2011 a livré sa sélection définitive. Qui pour succéder au Miel du réalisateur turc Semih Kaplanoglu ? Quels sont les films réellement attendus ? L’édition précédente avait offert quelques projections particulièrement remarquées : du Ghost Writer de Polanski au Greenberg de Noah Baumbach, en passant par Faites le Mur, le docu-fiction de Banksy présenté hors-compétition. Après l’excellent film Le Braqueur du cinéaste allemand Benjamin Heisenberg, présenté à la Berlinale 2010, on attend de voir ce que nous réserve cette année le « nouveau » cinéma allemand.

16 longs métrages seront en lice pour décrocher l’Ours d’Or.

On retrouve un cinéma à dominante européenne, sur ces 16 films huit sont des œuvres de réalisateurs européens (enfin faut-il encore y inclure la Turquie, Israël et la Russie, on se contentera ici d’une définition large de l’Europe). Le film d’animation en 3D Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot représentera la France en compétition officielle. A noter aussi la présence d’un film français dans la sélection officielle hors compétition, Philippe Guay y présentera Les Femmes du 6ème étage. Fabrice Lucchini et Sandrine Kiberlain sont à l’affiche de cette comédie.

La sélection dénote par rapport à celles généralement annoncées par Cannes ou Venise, pas de Woody Allen, ni de Quentin Tarantino ou de Sofia Coppola, le premier grand festival de l’année opère davantage comme un découvreur de talent. Parmi les 16 films en compétition officielle, on retrouve en effet six premiers films, dont le très attendu Coriolanus de l’acteur britannique Ralph Fiennes passé derrière la caméra. In fine cette sélection regroupe surtout des réalisateurs ayant fait leur preuve en festival mais assez peu connu du grand public. C’est notamment le cas du cinéaste hongrois Bela Tarr sélectionné à Cannes à de multiples reprises, ou de l’américaine Miranda July dont le premier film en 2005 Moi, toi et tous les autres avait récolté les prix à Cannes (Caméra d’Or et Prix de la Semaine de la Critique).

Quelques grands noms cependant à l’affiche, à commencer par les Frères Coen qui ont l’honneur d’ouvrir cette 61ème édition avec le très attendu True Grit où Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin se partagent l’affiche. Nouveaux talents et artillerie lourde du côté du cinéma allemand, puisqu’on attend la première mondiale de Pina, documentaire en 3D de Wim Wenders consacré à la chorégraphe allemande Pina Bausch (hors compétition), et une séance spéciale de Cave Of Forgotten Dreams, un documentaire 3D de Werner Herzog consacré à l’exploration de la grotte de Chauvet en Ardèche. Le documentaire semble être une forme narrative de plus en plus appréciée par les auteurs. On peut néanmoins rappeler que les deux « monstres » du cinéma allemand (ou américain pour Werner Herzog) ne sont pas à leur premier coup d’essai en la matière (Cf Buena Vista Social Club de Wenders, Ennemis intimes ou Grizzly Man de Herzog). Une chose est sûre, le festival annonce les prémisses d’une année cinématographique riche en 3D : en témoigne les projets à venir de Steven Spielberg et Martin Scorcese qui, respectivement, adaptent en 3D Le Secret de La Licorne et le roman visuel L’invention d’Hugo Cabret qui prend racine dans le Paris des années 30.

La liste de la Compétition officielle :

Ouverture

True Grit

des frères Coen (USA)

En compétition

A Mysterious World
de Rodrigo Moreno (Argentine)

Come Rain Come Shine
de Lee Yoon-ki (Corée du Sud)

Coriolanus

de Ralph Fiennes (Grande Bretagne)

If not us, who ?

d'Andres Veiel (Allemagne)

Innocent Saturday
d'Alexander Mindadze (Russie)

Les contes de la nuit
de Michel Ocelot (France)

Lipstikka

de Jonathan Sagall (Israël)

Margin Call
de JC Chandor ( USA)

Nader And Simin, A Separation
d'Asghar Farhadi (Iran)

Our Grand Despair

de Seyfi Teoman (Turquie)

Sleeping Sickness
d'Ulrich Köhler (Allemagne)

The Forgiveness Of Blood
de Joshua Marston (USA)

The Future

de Miranda July (USA)

The Prize

de Paula Markovitch (Mexique)

The Turin Horse

de Béla Tarr (Hongrie)

Yelling To The Sky

de Victoria Mahoney (USA)

Hors compétition

Pina
de Wim Wenders (Allemagne)

Almanya - Willkommen in Deutschland
de Yasemin Samdereli (Allemagne)

Les femmes du 6ème étage
de Philippe Le Guay (France)

My Best Enemy
de Wolfgang Murnberger (Autriche)

Unknown
de Jaume Collet-Serra (Allemagne)

Séances spéciales

Cave Of Forgotten Dreams
de Werner Herzog (USA)

Hors jeu
de Jafar Panahi (Iran)

PHC

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Berlinale 11 : à ne pas manquer cette année...

 

berlin-marche-du-film-europeen.jpgEn plus des différentes sections et compétitions de la Berlinale, de nombreux évènements sont organisés pendant les 10 jours du festival : débats, marchés du film, rétrospectives, projections spéciales, découverte de talents, auditions de projets, actions de solidarité envers Jafar Panahi, soirées de gala. Tout le monde devrait pouvoir y trouver son compte : producteurs, distributeurs, scénaristes, réalisateurs, acteurs, jeunes talents, journalistes, spectateurs, cinéphiles, universitaires, fêtards, pique-assiettes…

Le Marché du film européen et du marché de la coproduction est un évènement majeur pour les producteurs et professionnels du cinéma. Il ouvre ses portes le 10 février, jour d’ouverture de la Berlinale, et regroupe des professionnels de 50 pays différents. Les présentations ont lieu dans le célèbre Martin-Gropius Bau, ancien musée des Arts décoratifs et désormais lieu d’exposition, et à l’hôtel Marriott sur la Potsdamer Platz. Berlin est le premier gros marché du film de l’année et sert de point de repère à l’ensemble de la profession. Il permet de facto de prévoir les tendances pour l’année à venir : ce qui s’achète, se vend etc. A cette occasion de nombreux débats sont organisés et se tiendront entre le 11 et le 13 février en collaboration avec The Hollywood Reportet Variety. Comme nous l’annoncions, il est prévu cette année, de faire une grande place à la projection de films en 3D.L’industrie documentaire est aussi à l’honneur grâce à l’initiative conjointe du réseau du documentaire européen et du marché du film de Berlin. Un forum est organisé à l’hôtel Marriott et permettra aux réalisateurs de documentaires de présenter des mini-documentaires.

Quant au Marché de la Coproduction, sa huitième édition se tiendra entre les 13 et 15 février. Les producteurs et réalisateurs des 38 projets sélectionnés auront la possibilité de rencontrer plus de 450 coproducteurs et partenaires financiers éventuels.

Les festivals internationaux sont le lieu privilégié de l’émergence de nouveaux talents, en témoigne le Berlinale Talent Campus, dont la 9ème édition se tiendra entre les 12 et 17 février. Il s’agit d’un tremplin pour plus de 350 réalisateurs venus du monde entier. La « Berlinale Talent Campus » fonctionne comme une université, offrant un programme des plus variés sur divers aspects du cinéma : la réalisation, l’écriture de scénario, le jeu d’acteur,  la direction de la photographie, la production, la critique de film, la conception sonore ou encore la composition. Elle est avant tout un lieu de rencontres avec les professionnels du cinéma et constitue un formidable outil pour développer un réseau professionnel. Les réalisateurs Danis Tanovic, Janus Metz et Samuel Maoz tiendront cette année une conférence autour du thème « filmer la guerre ». En effet, aucun autre événement n’a autant influé sur les structures narratives et l’esthétique des films que les guerres du 20ème et 21ème siècle. Rappelons notamment que Danis Tanovic a obtenu l’Oscar du meilleur film étranger en 2002 pour son film No Man’s Land, traitant de la guerre de Bosnie. Janus Metz a lui obtenu le Grand Prix à la semaine internationale de la Critique du Festival de Cannes 2010 pour son documentaire Armadillo qui se déroule en Afghanistan. Samuel Maoz, scénariste et réalisateur israélien a reçu le Lion d’Or à Venise en 2009 pour son film Lebanon où la guerre du Liban est filmée du point de vue subjectif des occupants d’un char de combat.

IngmarBergman.jpgAutre évènement qui ravira les cinéphiles du monde entier, la Berlinale organise cette année une rétrospective en l’honneur du réalisateur suédois Ingmar Bergman. Mort en 2007, le « boulimique » Ingmar est à l’origine de plus de 60 films. La reconnaissance internationale lui vient avec des grands succès comme Le Silence (1962) ou Fanny et Alexandre (1981) avec lequel il remporte 4 oscars. Il ajoute son nom au palmarès de la Berlinale en remportant en 1958 l’Ours d’Or du meilleur film avec Les Fraises Sauvages. Le choix de Bergman n’est en aucun cas un choix de fortune tant il constitue une source d’inspiration et un exemple pour le cinéma d’auteur européen : une productivité artistique impressionnante, une œuvre colossale, explorant les multiples facettes du comportement humain. Du Chabrol sans le cholestérol… Quelques compagnons de route du réalisateur viendront présenter et débattre de ses œuvres. On retrouvera Katinka Farago qui a travaillé sur plus de 20 films avec Bergman entre 1955 et 1992, occupant un grand nombre de fonctions. Autre grande figure, Stig Björkman, ancien collègue et compagnon de Bergman, projettera son documentaire Ingmar Bergman (1970-1972) et deux compilations présentant Bergman et son équipe pendant les tournages.

C’est aussi une tradition pour la Berlinale de présenter des chefs d’œuvres du cinéma dans son programme spécial. Cette année, c’est le film culte de Martin Scorcese Taxi Driver qui sera projeté dans une version restaurée 4K numérique. Ce nouveau format de définition d’image numérique crée par Sony s’est installé en fin d’année dernière dans des salles de cinéma américaines et britanniques et nécessite des projecteurs de cinéma numérique certifiés DCI 4K censés arriver cette année. La Berlinale semble déjà équipée, les spectateurs ne vont pas s’en plaindre. Cerise sur le gâteau, le réalisateur et scénariste américain Paul Schrader, auteur du scénario de Taxi Driver, viendra présenter la version restaurée du film.

Le Festival International du Film de Berlin a aussi prévu un certain nombre d’actions de solidarité en faveur du cinéaste iranien Jafar Panahi. Invité à participer au Jury de la 61ème édition de la Berlinale, il a été condamné à une peine de 6 ans de prison par le régime d’Ahmadinejad, libéré sous caution, il est frappé d’une interdiction de quitter le territoire et ne peut réaliser des films pour une durée de 20 ans. Les organisateurs de la Berlinale ont décidé de montrer plusieurs de ses œuvres, en commençant par Hors Jeux (Ours d’Or 2006)diffusé le 11 février au Palais de Berlin à 16H30. Par la suite, d’autres films de Panahi seront présentés dans les sections Panorama, Forum,Generation et Berlinale Shorts. D’autre part, le « Berlinale Talent Campus » et le « World Cinema fund » organisent le 17 février un débat avec des artistes et réalisateurs iraniens autour de la censure, de la liberté d’opinion et d’expression en Iran.

A suivre...

PHC

 

 

La Berlinale en histoire

 

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Histoires courtes

Le Festival International du Film de Berlin a été crée en 1951, dans un contexte de guerre froide, par les Alliés qui voulaient établir une « vitrine du monde libre ». La Berlinale est inaugurée le 6 juin 1951 au cinéma « Titania Palast », sous la direction d’Alfred Bauer, premier directeur du festival. Elle se déroulait donc originellement en été et a lieu en février seulement depuis 1978.C’est Rebecca d’Alfred Hitchcock qui fit l’ouverture de la première édition avec Laurence Olivier et Joan Fontaine.

Dès 1953, l’organisation du Festival est perturbée par l’insurrection ouvrière qui se déroule à Berlin-Est (les émeutes du 17 juin 1953 sont sévèrement réprimées par les troupes soviétiques et la police est-allemande). Le festival reste dans l’ombre cette année et les défections sont légion.

Le Festival prend une dimension internationale lors de sa quatrième édition en 1954, aidé par des invités « glamour » : Gina Lollobridgida, Sophia Lauren, Yvonne de Carlo, Eva Bartok, Jean Marais ou Vittorio de Sica sont célébrés par un public venu en masse.

En 1956, le festival se dote enfin d’un jury international qui jugera les films selon des critères artistiques.

La Berlinale change de lieu en 1957 et s’installe dans le cinéma « Zoo-Palast », qui accueillera le festival jusqu’en 1999.

En 1959, la « Nouvelle Vague » est à l’honneur du festival. La Berlinale est le théâtre de débats enflammés auxquels participent Truffaut, Godard et Chabrol. L’Ours d’Or revient à Claude Chabrol pour Les Cousins.

En 1962, le festival est à nouveau rattrapé par l’histoire, la construction d’un mur entre Berlin-Est et Berlin-Ouest le 13 août 1961 jette un froid sur la 12ème édition. Le festival a lieu dans une ville coupée en deux et aucun film de l’est n’est à l’affiche.

1965 est année fleuve pour le cinéma français à Berlin, Godard remporte l’Ours d’Or pour son film Alphaville et Agnès Varda l’Ours d’Argent avec son film Le Bonheur.

En 1967 le festival de Berlin prend la forme juridique d’une SARL. A cette occasion, une invitation est envoyée à l’ensemble des Etats socialistes. Seule la Yougoslavie y répond favorablement.

Lors de l’année 1968, alors que de nombreux festivals sont perturbés par les révoltes estudiantines et que la compétition de Cannes est interrompue, le festival de Berlin se déroule quasiment sans encombres.

L’année 1974 marque une première avec la projection d’un film soviétique.

Ouverture qui se poursuit en 1975 avec la participation à la compétition officielle du cinéaste est-allemand Frank Beyer, tandis que le jury accueille un membre soviétique.

L’année 1982 est à nouveau le théâtre du « glamour et des paillettes » : on retrouve Claudia Cardinale, Jeanne Moreau, Lino Ventura, Michel Piccoli et James Stewart auquel le festival rend un hommage appuyé.

1985 marque une nouvelle première : le film de Rainer Simon Die Frau und der Fremde est le premier film est-allemand à remporter l’Ours d’Or.

Nouvelle surprise en 1988, c’est la première fois qu’un film de Chine Populaire reçoit un prix en festival (Hong Gaoliang de Zhang Yimou).

En 1999, la Berlinale change de lieu, elle se déroule l’année suivante sur la Postdamer Platz. Le denier film consacré au cinéma « Zoo-Palast » est La Ligne Rouge de Terrence Malick couronné de l’Ours d’Or.

2001, Patrice Chéreau est le dernier français en date à avoir remporté l’Ours d’Or pour son film Intimité.

2004 marque l’avènement d’un grand cinéaste allemand Fatih Akin qui, avec son film Head On (Gegen die Wand), remporte l’Ours d’ Or du meilleur film. C’est la première fois depuis 1986 qu’un réalisateur allemand remporte ce prix.

 

Anecdotes

A chaque festival son lot d’anecdotes et de scandales, Berlin n’y déroge pas :

En 1951, première année du festival, le jury allemand décerne l’Ours d’Or à cinq films dont le Cendrillon de Walt Disney

Les éditions de 1952 à 1955 n’ont pas de jury pour décerner des prix, ce rôle est dévolu au public.

L’invité d’honneur du festival 1953, Gary Cooper, défraie la chronique en critiquant publiquement le maccarthysme qui fait rage aux Etats-Unis.

Première grosse affaire du festival en 1956, le gouvernement allemand proteste contre le film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard projeté à Cannes. Après consultation du Sénat de Berlin, le documentaire sur le camp de concentration d’Auschwitch est montré à un public réduit lors d’une projection spéciale.

Le premier scandale du festival intervient en 1970 autour du film O.K de l’Allemand Michael Verhoeven, qui met en scène le viol et le meurtre d’une jeune vietnamienne par des soldats américains. Ce film divise le public et suite aux polémiques il est retiré de la compétition. Journalistes et réalisateurs se solidarisent avec le réalisateur allemand, ce qui provoque la dissolution du jury. La compétition est suspendue et aucun prix n’est remis.

Premier coup de tonnerre au Forum de la Berlinale en 1976 : le film du japonais Nagisa Oshima Ai No Corrida est retiré de la compétition car soupçonné de pornographie. Une action en est lancée par le Tribunal d’instance de Tiergarten à laquelle il ne sera donné suite.

Nouveau scandale en 1979 avec le Voyage au bout de l’Enfer de Michael Cimino. Ce film sur la guerre du Viêtnam provoque la colère des délégations de plusieurs pays socialistes qui décident de retirer leur film de la compétition et de quitter le festival.

Le dernier grand scandale a lieu en 1986 avec Stammhein le film de Reinhard Hauff sur la Fraction armée rouge. Des perturbations sont annoncées avant le début du festival et des menaces de mort sont proférées. Le film nécessite un déploiement sans précédent des forces de police. Il recevra finalement l’Ours d’Or du meilleur film.

En 2003, coup de théâtre, le célèbre producteur français Daniel Toscan du Plantier décède en plein festival, foudroyé par une crise cardiaque.

 

Les Français et la Berlinale

Ils sont seulement 7 réalisateurs français à avoir reçu l’Ours d’Or de Berlin : André Cayatte pour Justice est faite et Jean-Paul Le Chanois (Sans laisser d'adresse) se partagent la récompense en 1951 lors de la première édition. Henri Georges Clouzot reçoit le prix en 1953 avec son film Le Salaire de la peur, Claude Chabrol (Les Cousins) en 1959, Jean-Luc Godard (Alphaville) en 1965. Dernièrement, Bertrand Tavernier (L'Appât) et Patrice Chéreau (Intimité) ont obtenu ce titre, respectivement en 1995 et 2001.

PHC

 

 
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